Grand meeting avec manon aubry le 12 mars à 19h30, Salle aretha franklin, montreynaud

Saint-Étienne insoumise

NOTRE PROGRAMME pour la ville en 2026

Chères Stéphanoises, chers Stéphanois,

Nous nous présentons aux scrutins afin de retrouver Saint-Étienne ensemble, après de trop longues années où la prise de décision vous a été confisquée et où les méthodes les plus ignobles ont contribué à salir l’image de notre ville.
Pour cela, nous avons fait le choix de candidates et candidats implantés et connaissant notre territoire mais vierges de tout mandat car nous sommes convaincu·es de la nécessité de renouveler le personnel politique afin de répartir au mieux le pouvoir.
Nous sommes fier·es de vous présenter ce programme riche de plus de 200 engagements, fruit d’innombrables rencontres et entretiens avec des collectifs, associations, organisations syndicales et des habitantes et habitants tout au long de la dernière année écoulée.
Il est animé par une méthode, le communalisme, au service de trois piliers politiques clairs : la lutte contre la pauvreté et ses effets, l’adaptation au dérèglement climatique et la lutte contre toutes les formes de discriminations. En d’autres termes, le projet d’une politique menée par et pour les habitant·es et leur quotidien, en rupture avec les logiques d’attractivité à destination d’investisseurs extérieurs.
Avec un taux de pauvreté de 28 % en moyenne, Saint-Étienne subit particulièrement durement les politiques austéritaires des gouvernements Macron et de ceux qui les votent avec eux. Notre projet tout entier est tourné vers l’augmentation du pouvoir de vivre des plus précaires.
Cette action en faveur des plus modestes ne peut se faire sans une approche résolument écologique, ceux-ci subissant plus durement les conséquences catastrophiques du dérèglement climatique que les autres. Nous mettrons en place la règle verte, qui seule permet un avenir collectif soutenable et durable.
Enfin, face au risque fasciste toujours plus menaçant, la France insoumise a su montrer avec constance qu’elle était le seul et dernier rempart républicain, citoyen et pacifiste. C’est particulièrement vrai ici à Saint-Étienne, terre d’immigration séculaire, où notre mouvement est la première force de gauche à toutes les élections sur les cinq dernières années.
En mettant le bulletin Saint-Étienne insoumise les 15 et 22 mars prochains, c’est pour vous que vous voterez !
Nous vous rendrons le pouvoir, et la ville sera à vous !

SAINT-ÉTIENNE À CELLES ET CEUX QUI LA FONT

  • Partout et à toutes les échelles du pouvoir, la démocratie et le droit sont remis en cause :
    - au niveau international, quand Trump et Netanyahou, suivis de Macron, Merz, Starmer et beaucoup trop d’autres, piétinent la Cour internationale de justice ;
    - au niveau national, quand Macron refuse de reconnaître la victoire du Nouveau front populaire (NFP) ;
    - et bien sûr au niveau local, où le scrutin des 15 et 22 mars viendra mettre un terme à douze ans de confiscation du pouvoir par Perdriau et son équipe, qui ont érigé en règle systématique ce qui s’est fait de pire en politique sous la Ve République : parodies de concertation publique, instrumentalisation des structures associatives, espionnage de la population dans les quartiers populaires, chantage, menaces, kompromat, homophobie et détournement de fonds publics.
    Ces constats ne font que démontrer l’urgence d’une refonte de notre démocratie et de la nécessité de rapprocher les habitant·es des espaces de prise de décision.
    À Saint-Étienne, c’est ce que propose le communalisme insoumis, comme première approche concrète de la révolution citoyenne pensée par le mouvement La France insoumise, permettant de préparer un changement de République à l’échelle nationale dans un avenir proche.


    Prendre le pouvoir pour le partager

    • Participation aux votations et commissions ouvertes dès 16 ans et à toute personne quelle que soit sa nationalité

    • Concertation et consultation citoyenne systématiques sur les grands projets en allant au-delà des minima légaux en matière de concertation et de co-définition avec la population.

    • Référendum d’initiative citoyenne (RIC) municipal
      Donner aux citoyen·nes la possibilité d’organiser un RIC dont le conseil municipal s’engage à respecter le résultat, sous réserve d’une participation minimale, dès lors qu’une pétition réunissant au moins 10 % des habitant·es est constituée.

    • Droit de saisine du conseil municipal et métropolitain
      Fournir aux habitant·es la possibilité et les moyens d’organiser une pétition qui, si elle réunit au moins 5 % des habitant·es, sera défendue au conseil municipal par la ou les personnes qui l’auront initiée.

    Impliquer les citoyen·nes à tous les niveaux

    • Redéfinition des contours des quartiers administratifs
      Doubler le nombre de quartiers et donc de conseils associés. Le but en est une meilleure représentativité des habitant·es et une définition concertée des limites géographiques pour une cohérence avec les réalités vécues. Les conseils de plusieurs quartiers seront libres de s’associer sur des sujets de travail s’ils le souhaitent, et seront invités à le faire si le sujet concerne des aménagements impactant des quartiers voisins.

    • Redéfinition des modalités des conseils de quartier
      Les conseils de quartier intégreront plusieurs collèges représentant les associations, les acteurs culturels, économiques et les habitants, sur la base du volontariat pour moitié et du tirage au sort pour l’autre. Ils seront libres de décider de la présence ou non des élu·es, en fonction de l’enjeu des discussions (nécessité d’échange avec l’élu·e ou de discussion à huis-clos pour libérer la parole). Afin de garantir leur accessibilité au plus grand nombre et lever les freins à l’exercice de la démocratie, des solutions gratuites de garde d’enfant et de transport collectif seront mises à disposition des membres des conseils de quartier. Enfin, ils seront dotés de budget de fonctionnement et d’investissement afin de pouvoir engager des projets concrets sur leur périmètre.

    • Commissions thématiques consultatives municipales
      Chaque grande thématique de travail municipal donnera lieu à une commission consultative réunissant élu·es de la majorité et de l’opposition, associations, chercheur·ses et habitant·es.

    • Présence citoyenne et associative avec voix délibérative dans les instances opérationnelles de projet ou de terrain
      Les usagers seront systématiquement représentés dans les comités techniques et de pilotage des rénovations de leur quartier (exemple : squares, écoles, gymnases, etc.).

    • Audit et contrôle citoyen des services publics
      Nous donnerons une voix délibérative aux associations et citoyen·nes dans les commissions consultatives des services publics locaux (CCSPL).

    • Limitation du recours aux consultants privés en privilégiant les expertises universitaires et d’agences publiques

    Éthique des élu·es et transparence

    • Non-cumul des mandats et des fonctions exécutives entre Mairie et Métropole
      Nous souhaitons déconcentrer les pouvoirs. Nos élu·es n’occuperont pas plusieurs fonctions exécutives afin qu’ils et elles assurent pleinement celles sur lesquelles ils et elles seront engagé·es.

    • Référendum révocatoire
      Nos élu·es signeront une charte les engageants à respecter à partir de la mi-mandat et à raison d’un par an maximum, la tenue d’un référendum révocatoire dès lors qu’une pétition vérifiée réunissant 10 % du corps électoral le demandera. La validité du scrutin sera conditionnée à une participation supérieure à la participation au scrutin municipal initial.

    • Publication et présentation du budget prévisionnel et transparence des critères d’attribution des subventions
      Les conseils de quartiers pourront ainsi exprimer un avis consultatif.

    • Baisse des indemnités de la Maire
      L’indemnité de la maire sera plafonnée à 3 500 € net, contrairement aux 7 100 € cumulés précédemment par M. Perdriau. La présidence ou la présence dans des organes satellites ne donnera pas lieu à une rémunération supplémentaire.

    • Transparence des indemnités des élu·es, publication des rendez-vous avec les représentants d’intérêts privés et refus de tout cadeau ou avantage provenant d’entreprises.
      Nous réaliserons une cartographie des risques de corruption et formaliserons un code de conduite anticorruption pour la municipalité. Les rendez-vous réalisés avec des représentants d’intérêts privés, des lobbies et la nature de leur lobbying seront rendus publics sur le site de la mairie.
      Un collège comprenant des personnalités extérieures à l’administration permettra d’exercer les fonctions de référent déontologue chargé de surveiller l’agenda des élu·es, les éventuels liens avec des intérêts privés et de réaliser des contrôles/audits internes.

  • Sous la municipalité sortante, les fermetures d’amicales laïques et centres sociaux se sont succédé comme cela n’était jamais arrivé dans l’histoire de notre ville. Parmi celles et ceux encore debout, on ne compte plus les situations d’extrême fragilité financière, qui aboutissent inexorablement à abandonner des programmes, projets et actions de proximité et d’intérêt public. Au final, c’est la population qui est abandonnée, et certains publics comme les jeunes sont plus durement touchés. Il est urgent d’en finir avec le système clientéliste actuel qui favorise certaines structures et délaisse les autres sur le fondement de copinages ou d’adhésion sans réserve à un projet politique. Le financement par appels à projets épuise les acteur·ices et les détourne de leurs métiers, compétences et vocations. Il fragilise les 9 structures en ne les finançant que partiellement et sur du court terme, sans possibilité de construire un projet d’établissement global et cohérent. Enfin, il met les structures en concurrence alors qu’elles aspirent à travailler ensemble. Les associations et amicales sont un maillon essentiel de l’identité stéphanoise, c’est pourquoi il est urgent de leur rendre leur autonomie et vitalité afin de retrouver les valeurs humanistes et de partage de notre ville.

    Refonder le modèle de financement

    • Financements pluriannuels aux associations et amicales sur la base de leur propre projet
      Financement renforcé et pérenne aux amicales et associations pour la construction de projets de long terme. Pour les associations culturelles, élaboration en lien avec les institutions artistiques du territoire. Garantie d’indépendance dans la définition des projets et le cas échéant la programmation artistique.

    • Transparence des critères d’attribution des subventions
      et publication d’une liste annuelle de toutes les subventions versées.

    • Soutien administratif aux appels à projet
      Aide de la ville à l’ingénierie financière et de recherche de subventions pour décharger les éducateurs sur les appels à projet (Région, État, Europe, etc.).

    • Plan de rénovation des amicales et du bâti municipal à destination des associations

    Redonner des outils pour la jeunesse

    • Grand plan pour la jeunesse
      La tranche des adolescents de 12 à 17 ans est totalement délaissée par les pouvoirs publics, au désarroi le plus total des professionnels qui ne peuvent que constater leur errance. Nous financerons des postes et formations d’animateur·ices et éducateur·ices professionnel·les à destination de cette tranche d’âge et au-delà dans les structures souhaitant mettre sur pied un secteur jeunes, avec l’objectif d’une couverture intégrale de la ville.

    • Retour des espaces jeunesse 12-17 ans et au-delà, avec animateur et budget de projet, en lien avec les acteurs culturels et sportifs
      Mise en place d’un accueil en soirée (jusqu’à 20h-21h) et le samedi, avec une présence « hors les murs ». Ces lieux ont vocation à promouvoir la mixité culturelle et l’éducation populaire.

    • Expérimentation de cantines populaires à proximité des universités pour pallier l’absence de restauration universitaire
      Saint-Étienne est sous-dotée en restaurants universitaires, c’est une des premières revendications étudiante. Des cantines populaires pourraient combler ce manque.

  • Les agent·es sont la première ligne, celles et ceux grâce à qui la municipalité fonctionne au quotidien, pour le bien de l’ensemble des habitant·es. Nous savons leur engagement pour le service public et le bien commun. Souvent malmenés lors des années passées, nous les remettrons au cœur de notre projet municipal, en leur témoignant la confiance qui leur revient et en leur donnant les moyens nécessaires à la bonne poursuite de leurs missions. En tant qu’employeur, nous aurons à cœur de saisir cette opportunité pour repenser le rapport entre vie privée et travail.

    Une meilleure reconnaissance des agent·es municipaux

    • Salaire plancher pour les agent·es de 1 600 € net dès janvier 2027

    • Paiement aux agents de trois jours de carence par an dès 2027

    • Droit à la semaine différenciée pour les agent·es parents isolés
      Adaptation des temps de travail des parents en garde alternée entre les périodes où ils ont leurs enfants ou non.

    • Congé paternité de 10 semaines
      Nous permettrons aux pères comme aux mères d’accueillir leur nouveau-né sereinement, contribuant ainsi à l’égalité dans la parentalité.

    • Congé menstruel
      Travailler dans la douleur, ça suffit. 65 % des personnes menstruées en activité salariée ont déjà été confrontées à des difficultés liées à leurs règles au travail et 14 % sont régulièrement forcées de s’absenter. Il faut prendre en compte cette réalité.

    • Part de la rémunération en LIEN¹ (monnaie locale du bassin ligérien)
      Sur la base du volontariat, jusqu’à 10 % du salaire pourra être versé en LIEN bonifié.

    Une amélioration du travail et des conditions de travail

    • Audit général des services dans le but d’identifier les situations de risques psychosociaux, de vérifier l’adéquation entre les moyens alloués et les missions et d’ajuster l’organisation et les modalités de travail entre les services, notamment entre la Métropole et la Ville.

    • Évaluation réciproque entre personnes encadrantes et encadrées
      Lors de l’entretien annuel, les agent·es évalueront anonymement le travail de leur N+1.

    • Gestion des avantages sociaux par les agent·es

    • Droit d’expression des agent·es
      Nous instaurerons régulièrement des temps de travail pour discuter de l’organisation des services.

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    ¹ Les monnaies locales comme le LIEN permettent de renforcer l’économie locale en favorisant les commerces et producteurs du territoire. Elles encouragent également des pratiques plus responsables sur le plan écologique, notamment via le soutien aux circuits courts et à l’agriculture paysanne.

  • Les services publics ont été cédés au privé. D’un objectif de service aux usagers, ils sont passés à une logique de rentabilité. Par exemple :
    - Les près de 2 millions d’euros de bénéfices engrangés par Transdev, opérateur privé de la STAS, se traduisent par moins de chauffeurs, moins de mécaniciens et moins de matériels roulants, soit un service de moindre qualité pour les usagers.
    - Concernant l’eau, une régie publique permettra de mettre fin à une aberration tarifaire. Actuellement, en coût total (consommation et abonnement compris), les plus petits consommateurs paient leur mètre cube d’eau beaucoup plus cher que les gros consommateurs.
    En gestion publique, le choix redevient politique et il devient possible de donner aux citoyen·nes un réel pouvoir délibératif au sein des instances décisionnelles.

    • Préparation du retour en régie de l’eau à l’échéance de la DSP¹ avec la SAUR, pour un contrôle citoyen de ses prix et de sa qualité
      Voir chapitre 14

    • Anticipation du retour en régie de la STAS à l’échéance de la DSP Transdev
      Nous mènerons les études nécessaires pour être prêts à un retour en régie publique une fois la Délégation de Services Publics (DSP) arrivée à terme.

    • Retour en régie publique de la cantine à l’horizon 2031 (fin de la DSP avec Élior)
      Voir chapitre 5

    • Service public funéraire
      Ce service est un bien commun par excellence, nous le remunicipaliserons pour proposer à toutes et tous une inhumation digne, selon des modalités librement choisies et à une tarification accessible.

    • Sortie progressive de la dépendance aux GAFAM²
      Le numérique est un espace concret où se jouent des enjeux politiques, éthiques et sociétaux réels. Confier la gestion des intérêts et de données publiques, parfois sensibles, à des groupes privés – qui plus est étrangers – est un problème réel tant en terme éthique que de souveraineté nationale. Nous privilégierons systématiquement les solutions numériques libres, écologiquement responsables et françaises ou, à défaut, européennes.

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    ¹ DSP : Délégation de Service Public : gestion d’un service public par une entreprise privée pour son profit. Les contrats sont signés pour plusieurs années (jusqu’à 20 ans).
    ² GAFAM : Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft et par extension, les groupes capitalistes géants du numérique.

SAINT-ÉTIENNE AU QUOTIDIEN

La proposition de la France insoumise est claire : rompre avec la logique d’attractivité et de concurrence interterritoriale. Nous mettrons fin aux campagnes publicitaires, aux constructions de prestige et aux frais de représentation élevés destinés à attirer investisseurs et nouveaux habitants. Une majorité insoumise sera tournée vers sa population  : les dépenses serviront à améliorer la vie des Stéphanois·es, et les élu·es leur consacreront du temps. Nous repartirons sur des bases simples : habiter, apprendre et mieux se déplacer pour une vie harmonieuse.

  • L’école est le lieu où nos enfants grandissent et se construisent pour devenir les adultes de demain. Moins d’une décennie sépare la fin de l’école primaire de l’âge adulte, soit quasiment le temps d’un mandat, très court à l’échelle du temps urbain !
    L’école est le creuset des sociétés futures, elle est un monde en devenir. Pourtant, le bâti scolaire est particulièrement dégradé à Saint-Étienne et les rénovations vont à un rythme trop faible. Ce parc bâti scolaire constitue un enjeu et un levier important dans l’adaptation de la ville aux effets du dérèglement climatique et dans l’économie des ressources, notamment de chauffage. L’encadrement en maternelle ou sur les temps méridiens et périscolaires ainsi que les moyens alloués aux projets et sorties sont également très insuffisants.
    Ainsi, nous considérons ce sujet comme une priorité absolue qui croise beaucoup plus de sujets que l’éducation au sens strict de « programmes scolaires ». Pour nous, le trajet pour se rendre à l’école, la tranquillité à ses abords, la qualité de l’air extérieur et intérieur, l’alimentation et l’animation du temps méridien, les jeux à la récréation, le rapport au vivant et à la nature (...) sont autant de points d’éveil de l’enfant au cours de sa journée.

    Une école gratuite

    • Gratuité des fournitures scolaires allouées à tous les élèves

    • Retour du prêt enseignant gratuit dans les bibliothèques et gratuité d’accès à l’ensemble des services municipaux dans le cadre scolaire, y compris la STAS
      Les ressources municipales doivent être accessibles gratuitement pour tous les projets pédagogiques afin que les moyens financiers ne conditionnent plus le travail des enseignant·es.

    • Fin du financement non-obligatoire des établissements privés sous contrat
      Pour une école réellement laïque, les moyens publics doivent être alloués aux écoles publiques. Aujourd’hui la ville donne davantage pour un élève du privé que du public, créant une rupture d’égalité.

    • Augmentation d’au moins 50 % du nombre d’ATSEM (Agent Territorial Spécialisé des Écoles Maternelles)
      Le recrutement sera étalé sur trois ans pour leur bonne intégration et formation afin de passer à une moyenne de 0,75 ATSEM par classe, en priorisant les écoles classées REP, REP+ ou avec un Indice de position sociale (IPS) très faible.

    • 300 000 € minimum pour les projets pédagogiques
      À Saint-Étienne, l’enveloppe consacrée aux écoles pour le matériel et les activités figure parmi les plus faibles des grandes villes françaises. Elle s’élève en moyenne à 37 € par élève, contre 47 € nationalement. En revalorisant cette dotation et en instaurant la gratuité des services municipaux, nous donnerons aux écoles plus de marge d’action.

    Des écoles pour mieux vivre

    • Diagnostic global du bâti scolaire, des usages souhaités et des urgences (risque d’amiante, classes surchargées, chauffage en panne, etc.)

    • 60 millions d’euros minimum¹ pour la rénovation des écoles publiques et la construction de nouvelles écoles
      Nous sanctuariserons 60 millions d’euros minimum à l’échelle du mandat pour une rénovation lourde des écoles publiques (hors entretien courant et aménagement des abords), avec une attention particulière aux questions de confort thermique (hiver et été), de confort acoustique (notamment dans les réfectoires), et d’usages.

    • Cours oasis végétalisées et ombragées
      Nous transformerons et végétaliserons les cours d’école en profondeur de manière coconstruite avec les enfants, afin de répondre aux enjeux climatiques (rafraîchissement urbain), hydrologiques (protection contre les inondations), de biodiversité et d’usages et jeux non genrés.

    • Rues scolaires apaisées
      Piétonnisation des accès aux écoles pour une meilleure sécurité de nos enfants ainsi qu’une baisse de la pollution atmosphérique et sonore autour des écoles.

    Cantines et périscolaire

    • Cantines gratuites
      1 enfant sur 5 arrive le ventre vide à l’école. Nous mettrons en place la gratuité des cantines pour les plus précaires dès la rentrée 2026 et pour tout le monde d’ici la fin du mandat.

    • Cantines 100 % bio et locales
      Nous engagerons un plan pour atteindre dans les meilleurs délais 100 % de produits bio ou durables, locaux et de saison dans les cantines. Ce choix répond à une double urgence : écologique, en soutenant une agriculture respectueuse de l’environnement et en réduisant les émissions liées au transport et au gaspillage alimentaire ; et sociale, en garantissant une alimentation saine aux enfants tout en sécurisant les revenus des producteurs locaux.

    • 2 journées végétariennes par semaine et respect de l’obligation légale d’option végétarienne quotidienne
      Cette mesure vise à réduire l’empreinte carbone de la restauration collective et à réduire la souffrance animale, tout en garantissant des repas équilibrés sur le plan nutritionnel. Elle permettra également aux enfants de découvrir de nouvelles saveurs et d’élargir leurs habitudes alimentaires à travers une cuisine diversifiée et de qualité.

    • Augmentation et amélioration de l’encadrement des enfants sur le temps méridien
      L’encadrement des enfants sur le temps de midi, avec du personnel dédié et formé, permettra de faire de ce moment un temps apaisé. Les ATSEM² ayant souvent des temps partiels subis, nous leur proposerons de les former à des missions complémentaires afin d’augmenter leur quota d’heures sur des plages horaires identiques.

    • Un retour en régie publique de la cantine à l’horizon 2031³
      Le retour en régie publique garantira que l’argent de la commune serve pleinement l’intérêt général : plutôt que d’alimenter des dividendes, il financera directement des produits de qualité pour les enfants. Il offre également une meilleure maîtrise de la qualité et de la provenance des produits, tout en faisant économiser la marge commerciale pouvant représenter jusqu’à 20 % du prix .

    • Objectif de relocalisation des cuisines dans chaque école à l’horizon 2031³
      Dans le but d’intégrer le temps méridien (notamment du repas) dans une perspective pédagogique, de créer massivement des emplois qualifiés de cuisinier·es ainsi que d’autonomiser et responsabiliser ces emplois.

    • Accueil périscolaire inconditionnel matin et soir dans chaque école
      Nous répondrons à la demande des parents pour un accueil périscolaire le matin dans les écoles qui n’en ont pas (Berkeley, Montat‑Verrerie, Maria Callas, Vivaldi, Terrenoire Perrotière). Nous stabiliserons le financement via des contrats pluriannuels, assurant la pérennité des associations et amicales laïques.

    Démocratie scolaire renouvelée

    • Revalorisation des conseils d’école et implication des établissements au sein des conseils de quartier dotés d’un rôle d’assemblées éducatives de secteur. Ceci afin de valoriser le caractère transversal et central de l’école au sein de chaque quartier.

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    ¹Selon le Collectif des écoles publiques stéphanoises (CEPS), il faudrait près de 150 millions d’euros à l’échelle du mandat pour rénover toutes les écoles. Les 60 millions annoncés sont donc insuffisants au regard des besoins réels, mais nous devons composer avec les contraintes budgétaires actuelles de la ville. Cette enveloppe pourra être revue à la hausse en cas de victoire insoumise aux présidentielles en 2027 (voir page 47).

    ²ATSEM : Agent territorial spécialisé des écoles maternelles, chargé d’assister les enseignants dans les classes maternelles ou les classes à section enfantine.

    ³La date de 2031 correspond à la fin du contrat de délégation de service public avec Élior

  • La lutte contre la retraite à 64 ans a révélé une aspiration : celle à faire des années après l’arrêt du travail, un temps de vie émancipé. Les seniors sont aujourd’hui plus actifs que jamais : ils sont responsables associatifs, ils s’engagent pour leur commune, ils aident à l’éducation des jeunes. C’est un défi pour le 21e siècle d’inventer des formes de vie commune, d’organiser l’entraide entre les générations et de permettre à nos anciens de garder une place active dans la société.

    • Mettre en place un service d’aide aux aidants
      Nous ouvrirons des formations gratuites pour les aidants familiaux à Saint-Étienne, inspirées des standards nationaux (AFA, France Alzheimer, CNSA), avec un objectif de 8 sessions annuelles de 3 h chacune (200 participants ciblés). Les sujets comprendront : accès aux aides, soutien psychologique, organiser la pair-aidance et thèmes demandés par le public.

    • Maison des aînés et aidants regroupant tous les services pour les seniors aux mêmes endroits pour faciliter le quotidien.

    • Poser les bases d’un service non lucratif de l’aide à la personne, par articulation des acteurs non lucratifs
      L’accès à l’aide à la personne et les conditions de travail des employées sont des enjeux du trop importants pour être laissés au secteur privé.

    • Ouvrir la restauration scolaire aux groupes de personnes âgées une fois par mois
      Proposer une ouverture concertée (jours avec moins d’enfants par ex.) des cantines scolaires aux seniors inscrits au portage de repas, pour favoriser les échanges intergénérationnels.

    • Soutenir les projets de logements sociaux partagés adaptés pour les seniors
      Avec l’avancée en âge, le besoin de logements adaptés devient une réalité pour nombre de personnes. Il est donc indispensable d’intégrer, dès la construction, des normes d’accessibilité et d’adaptabilité, plutôt que de se limiter à des aménagements a posteriori, souvent plus coûteux et moins efficaces. Par ailleurs, le recul de l’âge de départ à la retraite et l’affaiblissement des droits sociaux risquent d’accentuer la précarité d’une partie des retraités. La commune doit s’y préparer en anticipant l’augmentation des besoins en logements accessibles et financièrement soutenables pour garantir à chacun la possibilité de vieillir dignement.

    • Favoriser les colocations seniors ou seniors-étudiants et le logement partagé
      Nous construirons des partenariats associatifs, avec subventions ciblées, prises sur l’enveloppe résidences seniors.

    • Intégrer usagers et associations aux conseils d’administration des EHPAD pour assurer un contrôle citoyen.

  • À partir du 20e siècle, notamment par la généralisation de la voiture, les enfants sont exclus de l’espace public. Leur développement et leur apprentissage de la vie en société en sont fortement affectés, alors même qu’ils sont les citoyen·nes de demain. Plus récemment, le scandale des crèches privées lucratives montre comment la course à la rentabilité a conduit à des profits records au détriment du bien-être des petits et aux frais de la collectivité. Et ce alors que 40 % des parents ne trouvent pas de place en crèche pour leurs enfants.

    • Développer le service public local de la petite enfance en proposant des modes d’accueil diversifiés à taille humaine et adaptés à toutes et tous afin de permettre à 100 % des parents d’obtenir une place pour leurs enfants en crèches, multi-accueils, lieux d’accueil enfants-parents, relais assistantes maternelles…

    • Soutenir et développer l’accompagnement à la parentalité dans les équipements municipaux ou des maisons de l’enfance : temps d’échanges entre parents et professionnels, accueils jeux pour les tout-petits, ateliers, rendez-vous individuels, réunions, etc.

    • Arrêter de recourir aux opérateurs privés lucratifs pour favoriser les structures d’accueil de la petite enfance publiques et associatives

    • Améliorer l’aménagement des aires de jeux pour les rendre naturelles, intergénérationnelles, accessibles aux enfants handicapés et respectueuses des normes environnementales.

    • Rendre la procédure d’attribution des places en crèches plus transparente et plus rapide en créant un guichet unique de demande de place

    • Favoriser l’accueil des enfants handicapés dans les crèches publiques en formant et en recrutant des personnels spécialisés.

    • Création d’une crèche supplémentaire en centre-ville
      Nous étudierons l’opportunité de créer une crèche dans le bâtiment de la Charité.

  • Chaque génération est un peuple nouveau. Bien sûr la jeunesse est multiple. Les dynamiques inégalitaires s’y exercent aussi en son sein. Mais il y a aussi une dynamique homogénéisante : celle d’être mis à la marge de la société néolibérale. Dans les études, dans le travail, dans le logement : la précarité est le mode de vie proposé à la jeunesse aujourd’hui. Les jeunes locataires dépensent près de la moitié de leur revenu en moyenne dans leur logement. Ils sont aussi un sur deux à avoir un contrat précaire. Nos communes doivent soutenir la jeunesse pour lui donner les moyens de construire la société de demain.

    • Expérimentation de cantines populaires à proximité des universités pour pallier l’absence de restauration universitaire
      Saint-Étienne est sous-dotée en restaurants universitaires, c’est une des premières revendications étudiantes.

    • Réserver du foncier au logement étudiant et à destination des jeunes actifs

    • Expérimenter l’ouverture d’équipements publics en soirée pour les jeunes et les associations (gymnases, maisons de quartier, etc.)

  • Saint-Étienne connaît des prix de l’immobilier parmi les plus bas de France pour une ville de sa taille, notamment dans le locatif privé, aboutissant à des loyers parfois équivalents à ceux pratiqués dans le logement social.
    Une lecture erronée et idéologique de ce constat a conduit la majorité sortante à bloquer la production de logements sociaux au profit du locatif privé libre, alors que celui-ci ne bénéficie pas des mêmes modes de financement et que 78 % de la population est éligible au logement social (contre 60 % en France). Il en résulte trop de biens locatifs peu entretenus, parfois insalubres, ainsi que l’installation de cercles vicieux de dégradation de l’habitat dans les quartiers anciens et le développement de marchands de sommeil.
    Cette stratégie de la municipalité sortante, visant, sous prétexte d’une « mixité sociale par le haut  », à produire du logement de standing pour démontrer une prétendue attractivité, va de pair avec l’abandon du parc social et l’explosion des charges locatives dont souffrent nombre de stéphanois·es.
    Nous considérons le logement comme un droit humain imprescriptible et comme un enjeu de santé publique. Ainsi, nous fixerons comme cap pour le mandat à venir les objectifs de zéro logement insalubre, zéro passoire thermique, zéro spéculation immobilière et zéro sans-abri.

    Objectif zéro habitat insalubre

    • Permis de louer
      Mise en place du permis de louer et structuration d’une brigade dédiée composée d’agents formés : contrôle en amont par la police municipale de tout logement mis en location pour vérifier sa salubrité et sa décence afin de lutter contre les marchands de sommeil. Les propriétaires en infraction s’exposent à une amende.

    • Amélioration de l’habitat en centre ancien Poursuite des opérations de rénovation des quartiers anciens¹ , de manière à permettre un cadre de vie plus aéré et lumineux pour chaque logement, des parties communes fonctionnelles et confortables et un confort thermique garanti en été comme en hiver.

    Objectif zéro passoire thermique

    • Grand plan de rénovation thermique du parc public limitant les charges et la consommation d’énergie pour en finir avec l’explosion du coût des charges locatives.

    • Cellule de défense des droits des locataires
      Cette cellule permettra d’apporter aux locataires les outils pour faire valoir leurs droits face à l’insalubrité, les charges qui explosent, etc. Elle sera notamment composée d’une « brigade du logement » qui pourra visiter les logements à la demande des locataires pour constater des situations d’insalubrité, opérer les signalements sur les plateformes dédiées et lancer les procédures d’accompagnement aux habitant·es.

    Objectif zéro spéculation foncière

    • Relance de la production de logement public et social en priorisant la rénovation de l’existant et en insérant des servitudes de logement social dans le PLUi en cours d’élaboration. Viser un objectif de 40 % (x2) de logement public ou social d’ici 2040. Ailleurs dans le monde, Vienne en Autriche est systématiquement sur le podium des villes les plus agréables à vivre, avec ses 60 % de logements publics abordables. Le logement public et social est l’occasion de produire une offre exigeante et des manières d’habiter innovantes.

    • Relance de la production du logement social étudiant et senior
      La hausse massive du nombre d’étudiant·es sur les deux derniers mandats n’a été accompagnée d’aucune création de logement étudiant CROUS. Il en résulte que les étudiante·s ont le choix entre des résidences de luxe ou des logements parfois indignes. L’attractivité de l’université ne doit pas être un facteur d’exclusion sociale.

    • 20 % de logements accessibles aux personnes à mobilité réduite (PMR) par opération neuve (et non au global), le reste adaptable
      Aujourd’hui, l’obligation de logements accessible PMR ne concerne que 10 % des logements neufs, ce qui est insuffisant pour rattraper le déséquilibre dans l’ancien. Surtout, les bailleurs gèrent ce quota au global, en créant des opérations non accessibles et d’autres 100 % PMR conduisant à une ségrégation sociale et spatiale des personnes handicapées.

    • Accession sociale non spéculative
      Développement du Bail Réel Solidaire (BRS) comme mode d’accession sociale à la propriété de son logement en neutralisant les mécanismes spéculatifs et gentrifiants. Le BRS, porté par un OFS (Office Foncier Solidaire) est un dispositif de la loi ALUR qui dissocie la propriété du sol de celle du bâti. Ce principe empêche toute spéculation sur le long terme, contrairement à l’accession sociale classique (PSLA).

    • Charte de bonnes pratiques environnementales et outils de contrôle efficaces
      Nous proposerons une charte de bonnes pratiques avec les acteurs du logement (bailleurs, promoteurs), fixant des exigences spatiales et environnementales exemplaires (en adéquation avec la règle verte² ) et des coûts de sortie maîtrisés pour les promoteurs. Un service dédié au contrôle du bon respect de cette charte sera mis en place.

    • Appui à la sortie d’opérations de logement participatif et/ou autoporté et autogéré.

    Objectif zéro sans-abri

    • Réquisition des logements vacants
      Réquisition des logements vacants pour la mise à l’abri de familles en cas d’urgence. Nous réquisitionnerons en priorité des logements communaux et publics. Si la situation impose de réquisitionner un logement vacant détenu par un propriétaire privé, celui-ci se verra indemnisé (disposition légale).

    • Hébergement d’urgence inconditionnelle
      Création de places pérennes d’hébergements d’urgence et de réinsertion sociale avec une capacité d’extension rapide en cas d’événements majeurs notamment climatiques.

  • Depuis la Seconde Guerre mondiale et les Trente Glorieuses, la société toute entière s’est structurée autour de la voiture : aménagement du territoire, habitat, commerces et loisirs ont été pensés en fonction d’elle, créant une forte dépendance. Inverser cette tendance si profondément ancrée peut sembler difficile. Cependant, à Saint-Étienne, 25 % des ménages ne disposent pas de voiture, et parmi les autres, beaucoup l’utilisent faute de meilleures alternatives.
    Pourtant, la voiture coûte cher à l’achat comme à l’entretien, tout en générant des risques pour la sécurité (victimes de la route) ainsi que pour la santé (48 000 morts par an dus aux émissions de particules fines). Nous nous donnons l’objectif de zéro victime (morts et blessés graves) d’ici 2050 et de -25 % minimum sur le mandat.
    De plus, elle est peu adaptée en ville en raison de la congestion et du temps passé à trouver une place. Dans un espace urbain contraint — les rues du centre-ville de Saint-Étienne mesurent en moyenne huit mètres de large — un meilleur partage de l’espace public suppose de réduire la place surdimensionnée accordée à la voiture et de réduire les vitesses de circulation.
    L’objectif n’est pas d’en interdire l’usage, mais de lui redonner sa juste place afin de développer des infrastructures continues et sécurisées pour la marche, le vélo et les transports en commun dans tous les quartiers, mais aussi de garantir à chacun·e — notamment aux personnes à mobilité réduite, aux seniors et aux enfants — des déplacements sereins et sûrs.

    Piétons

    • Priorités piétonnes aux feux
      Nous systématiserons la traversée des carrefours en 3 secondes après commande au bouton poussoir avec calcul du temps de traversée en fonction de la vitesse de marche des plus fragiles. Possibilité de traversées diagonales aux carrefours. Possible et facile techniquement, il faut simplement le vouloir !

    • Mise aux normes de tous les passages piétons
      Mise aux normes de tous les passages piétons d’ici la fin 2026 pour les personnes malvoyantes ou aveugles, personnes à mobilité réduite, personnes âgées, enfants et poussettes (obligation légale de la Loi LOM).

    • Rendre les trottoirs accessibles pour toutes et tous
      Garantir des trottoirs réellement accessibles, sans section inférieure à 2 mètres de large (1,5 mètre dans les rues étroites si l’autre trottoir mesure au moins 2 mètres). Réduire au maximum les pentes et interdire les dévers. Privilégier des matériaux non glissants et organiser le déplacement des obstacles (poubelles, poteaux, mobilier urbain) en dehors du passage piéton. Notre objectif est de permettre à toutes et tous — enfants, personnes âgées, personnes à mobilité réduite, usagers en fauteuil ou avec poussette — de circuler facilement et en sécurité.

    • Rues scolaires apaisées
      Piétonnisation des accès aux écoles pour une meilleure sécurité de nos enfants et une baisse de la pollution atmosphérique et sonore autour des écoles.

    • Piétonnisation du centre-ville
      La piétonnisation est bonne pour le commerce ! La valeur du panier moyen d’un piéton ou d’un cycliste est plus importante que celle d’un automobiliste, qui consomme plus en une fois, mais moins souvent. De plus, les automobilistes ne représentent que 17 % de la clientèle des magasins de centre-ville¹.
      Nous souhaitons notamment une remise en service du plateau piéton de centre-ville et son extension ainsi que la création d’une « magistrale piétonne » sous forme de zone de rencontre (circulation automobile limitée à 20 km/h) entre Le Clapier et Châteaucreux (rues Michel Rondet et République). La piétonisation sera questionnée sur cet axe amené à desservir le plateau piéton central et circulé par 3 lignes de bus métropolitaines (M2, M3 et M7), qui gagneraient ainsi en temps de trajet et fréquence.

    Vélos et 2 roues

    • Signalétique dédiée au réseau cyclable
      Lancement d’une mission sur la signalétique visant à la rendre plus lisible et cohérente, à réellement prioriser les mobilités douces par rapport à la voiture dans l’espace public et à planifier l’ensemble des aménagements à réaliser au cours du mandat.

    • Réseau de voies cyclables continu, cohérent, sécurisé et connecté
      Nous investirons 35 millions d’euros pour le plan vélo à l’échelle du mandat (x2 par rapport au mandat précédent), dont la moitié pour la réalisation du réseau structurant. Pour cela, il faudra relancer le travail du Plan Vélo Métropolitain dès le début du mandat. Nous prioriserons la création de voies qui généreront des continuités réelles sur de longues distances à travers la ville et au-delà. Notre équipe municipale pourra se fonder sur la Trame Cyclable Stéphanoise réalisée par les associations Ocivélo et O2 de l’Oxygène.

    • Installation massive de mobilier urbain dédié aux vélos, notamment pour le stationnement, en privilégiant les racks plutôt que les boxes, coûteux, encombrants et limités.

    • Espaces d’apprentissage libre sécurisés sur l’espace public des mobilités douces

    • Encourager la création de structures de réparation et d’entretien de vélos dans chaque quartier

    • Étendre le réseau Vélivert et améliorer sa maintenance
      Ce service est un succès. Il faut le développer car il répond efficacement au besoin de transport. Cette extension passe par l’amélioration des conditions de travail des agent·es.

    • Tolérance zéro pour les stationnements dangereux

    Transports en commun

    • Augmenter l’amplitude horaire du service, du réseau, et des fréquences des bus
      Pour être utile, notre service de bus doit être fiable. Nous renforcerons progressivement le nombre de bus et de personnel. Nous améliorerons la fréquence des passages et le réseau, notamment en créant des voies réservées aux bus et en appliquant strictement l’interdiction de stationner sur leur trajet. Nous étudierons la possibilité de prolonger la ligne BHNS M6+ jusqu’à Montreynaud. Nous passerons les lignes 10 et 16 en lignes M. Tout cela passera nécessairement par une amélioration des conditions de travail des employé·es.

    • Gratuité des transports en commun le week-end pour soutenir la mobilité vers les lieux culturels, sportifs et les commerces du centre-ville.

    • Anticipation du retour en régie de la STAS à l’échéance de la délégation de service public
      Redonner aux citoyens le contrôle sur leurs transports publics est un enjeu majeur. Sortir de la délégation de service public avec Transdev nous permettra une adaptation aux besoins des usagers sans passer par des avenants coûteux à la collectivité. La création de la régie publique sera une étape importante du communalisme municipal avec des citoyens codécisionnaires à chaque étape.

    • Plaidoirie au niveau national pour un doublement du plafond du versement transport
      Il s’agit de la contribution des entreprises finançant les transports en commun. Aujourd’hui elle est plafonnée à 2 % du chiffre d’affaires. Cette augmentation est un préalable à la gratuité des transports. En échange, l’employeur n’aura plus l’obligation de rembourser 50 % des abonnements des salarié·es.

    • Interdiction de doubler les bus aux arrêts
      Aménagement de la chaussée au niveau des arrêts de bus afin d’empêcher les véhicules de les dépasser, pour renforcer la sécurité des piétons et améliorer la fluidité des transports en commun. La voiture ne doit pas être prioritaire ni circuler plus rapidement que les bus.

    Voiture

    • Extension du 30 km/h à l’ensemble de la ville, hors grands axes pénétrants et structurants
      La vitesse moyenne en voiture en ville est déjà inférieure à 30 km/h si on prend en compte les arrêts aux feux de signalisation et le temps passé à chercher une place de stationnement. Cette mesure ne fait donc qu’entériner une réalité déjà constatée et interdire les pointes de vitesse inutiles, polluantes et dangereuses.

    • Dialogue avec les autorités référentes pour tester le passage de la RN88 à 50 km/h entre Solaure et Terrenoire
      Malgré la pose de murs anti-bruit, cette traversée urbaine reste nocive en termes de pollutions atmosphérique et sonore pour les habitant·es qui vivent à proximité. Transformer ce tronçon en « parkway² » limité à 50 km/h ne rallongera le temps de trajet que de 2 minutes seulement (7 min au lieu de 5 min actuellement) et se traduirait par une réelle amélioration des conditions de vie des riverains au quotidien.

    • Des chaussées rétrécies pour empêcher les survitesses et permettre de nouveaux usages
      Des chaussées limitées à 2,5 m maximum incitent de fait à la prudence et à rouler moins vite, tout en libérant de l’espace pour les piétons, vélos, terrasses de restaurant et la végétalisation.

    • Gratuité du stationnement toute la journée à l’extérieur du boulevard urbain le samedi
      Nous préférons cette mesure à un stationnement à durée limitée dans le centre, qui serait contre-productif par rapport aux objectifs recherchés : un centre-ville apaisé et débarrassé de la circulation des voitures, ainsi que la possibilité pour des personnes extérieures de venir passer la journée entière pour profiter du centre-ville.

    • Sanctuarisation et augmentation de places de livraisons et stationnement professionnel (artisans, métiers du soin, etc.)

    • Création de nouveaux parkings relais le long du boulevard urbain intégrant des parcs à vélos
      Garer sa voiture est de plus en plus difficile. Le multimodal, c’est-à-dire la possibilité de changer aisément de mode de transport, permettra de multiplier les alternatives à la voiture.

    • Refonte plus juste de la tarification du stationnement afin de prendre notamment en compte notamment le poids des véhicules au regard de l’espace occupé ainsi que leur volume ou capacité de charge utile.
      La voiture est un outil de mobilité impératif pour certains d’entre nous. Les SUV³ et voitures de sport non. Leur poids et leur gabarit bien plus importants les rendent bien plus polluants (à la production et à la consommation), plus dangereux pour les piétons, notamment les enfants, et font qu’ils dégradent les chaussées plus vite. C’est donc une mesure de justice sociale que de les faire contribuer plus fortement au financement de leur entretien.

    En dehors de la ville

    • Mobilisation auprès des partenaires pour le retour d’une connexion ferroviaire à Clermont-Ferrand
      Pour la réouverture du tronçon ferroviaire Boën-sur-Lignon – Thiers, notamment dans le cadre des études de préfiguration du SERM (Service Express Régional Métropolitain) à venir ; afin de retrouver une connexion ferroviaire opérationnelle avec la métropole clermontoise et, au-delà, un itinéraire bis vers Paris.

    • Suppression des financements à l’aéroport d’Andrézieux-Bouthéon, chroniquement déficitaire
      Ce projet engloutit de l’argent public pour le moyen de transport le plus carboné du monde qui ne profite qu’à une poignée de personnes.

    ———————

    ¹ Les commerçants de centre-ville surestiment la part d’automobilistes dans leur clientèle, article du

    04/02/2026 d’Alternatives Économiques

    ² Le terme « parkway » désigne une voie de circulation aménagée comme un boulevard urbain paysager,

    caractérisé par une vitesse modérée, une intégration paysagère (arbres, végétalisation) par opposition à une

    route rapide de type autoroutier principalement dédiée au transit.

    ³ SUV : Sport Utility Vehicle, que l’on peut traduire en français par « véhicule utilitaire sportif »

  • Plusieurs sites stéphanois sont identifiés comme étant des enjeux importants pour le mandat à venir. Pour chacun de ces ensembles, nous portons des ambitions fortes afin de favoriser leur reprise en main ou redécouverte par la population et réaliser la bifurcation écologique. Cependant, rien n’est arrêté et chacune de ces opérations fera l’objet d’importants processus de concertation.

    La Charité

    La Charité est un morceau de ville ayant sa propre cohérence, marqué par une diversité architecturale témoignant de son évolution à travers les siècles. Elle est aussi l’opportunité d’un parc urbain dans un quartier, le quartier Saint-Roch, dépourvu de tout espace vert public et touché par une forte paupérisation. Elle représente enfin l’héritage d’un programme à destination des plus fragiles à faire perdurer dans une ville encore durement touchée par la pauvreté.
    Ainsi, nous aménagerons le site selon les principes suivants :

    • La création d’un parc urbain qui maximise la part végétalisée du site, en démolissant les quelques bâtiments n’ayant pas un intérêt architectural majeur ;

    • L’ouverture du site pour le rendre traversant aux piétons et cyclistes ;

    • Une programmation architecturale tournée majoritairement vers de l’équipement public à vocation sociale et culturelle, afin de maintenir ce patrimoine accessible à tous·tes.
      Nous y étudierons notamment le déménagement du Conservatoire Massenet et la création d’une nouvelle école et d’une nouvelle crèche, ou bien encore la création de locaux à mettre à disposition d’entreprises de l’économie sociale et solidaire (ESS) ;

    • Aucune privatisation résidentielle.

    La Bourse du Travail

    La Bourse du Travail de SaintÉtienne est unique en France en raison de la devise apposée à son fronton. Elle est un emblème et un outil puissant pour les travailleur·euses et leurs droits. Mais le bâtiment de l’architecte Lamaizière est aujourd’hui dans un état de délabrement avancé qui nécessite une action urgente.

    Nous réhabiliterons entièrement le bâtiment pour lui rendre sa fonction première : oeuvrer à l’émancipation des travailleuses et travailleurs. Nous travaillerons ainsi la programmation en étroite collaboration avec les syndicats présents. Leur maintien dans le bâtiment et leurs droits sur sa gestion, notamment concernant la programmation culturelle et événementielle des deux salles de réception du bâtiment seront garantis.

    Le parking des Ursules

    Ce parking ne peut rester en l’état, du fait de sa vétusté et de son inadaptation aux enjeux actuels. Nous souhaitons pouvoir démolir une partie du site afin de recréer un espace public de qualité, permettant de mettre en valeur la colline des Pères et l’ancienne école des Beaux-Arts.
    Le niveau souterrain (-1) ainsi le niveau 0 accolée à la colline pourraient être conservés et consolidés. Cela permettrait de préserver environ la moitié du stationnement actuel, tout en aérant le site et en l’ouvrant aux piétons.
    Les places supprimés pourraient être relocalisés soit à proximité (dans l’actuel bâtiment du mémorial de la Résistance amené à déménager), soit plus loin, par exemple en doublant la capacité du parking du Clapier (sous DSP jusqu’en 2027).

    La place Massenet et le pôle multimodal

    Nous poursuivrons les études engagées à propos de la place Massenet, coeur du quartier de La Terrasse. Les aménagements ne répondent aujourd’hui qu’à des principes purement techniques et ne permettent pas une appropriation pleine et entière de l’espace public par les habitant·es et les commerçant·es.
    En tant que place principale du quartier, mais aussi que pôle multimodal en entrée de ville, la place revêt un enjeu très large et urgent.

    La plateforme du tramway entre Place du Peuple et Carnot ; et les places du centre-ville

    La plateforme du tramway doit être intégralement reprise entre les places du Peuple et Carnot ; ce qui devrait engendrer 18 mois de travaux, sans tramway. Nous aurons à coeur de faire en sorte que cela impacte le moins possible le quotidien des Stéphanois·es. Nous lancerons ainsi une étude de faisabilité préalable pour déterminer la possibilité de décaler les voies du tramway vers l’Est, afin de réaliser une opération dite « en tiroir » permettant au tramway de fonctionner de manière ininterrompue sur la durée du chantier.

    Nous profiterons de cette occasion pour repenser les déplacements en rendant cette zone piétonne et en ajustant le niveau du sol. Cela permettra d’avoir un sol continu d’un mur à l’autre des places et de faciliter la circulation de tous, notamment des personnes à mobilité réduite.
    Ainsi, nous n’interviendrons que très partiellement sur les places du centre-ville, dont les plus récentes ont à peine 12 ans et la plus ancienne pas encore 30 ans. Les refaire intégralement serait un immense gaspillage d’argent public comme de ressources naturelles et d’énergie. Cela occasionnerait une gêne particulièrement importante, inutile et préjudiciable pour le commerce du centre-ville déjà fortement impacté par l’ouverture de Steel. Enfin, l’argent injecté ici ne le serait pas ailleurs, empêchant de nombreux projets prioritaires de se réaliser dans les différents quartiers de la ville.

    Mise en valeur du Furan dans le quartier de la Rivière

    Au Sud de la ville, le bien-nommé quartier de La Rivière est le dernier où le Furan reste encore à l’air libre. Nous ne réactiverons pas le serpent de mer consistant à promettre sa découverture dans le centre-ville, coûteuse pour un effet limité. Nous préférerons au contraire le valoriser là où il n’a pas encore été enterré, en créant un vaste parc humide lui permettant de déborder. Pour cela, nous tirerons parti de la friche Peugeot située avenue de Rochetaillée pour y relocaliser de manière concertée les entreprises installées le long du lit de la rivière, de manière à impacter le moins possible leur activité.

SAINT-ÉTIENNE VIVANTE

La planification écologique est une analyse scientifique robuste des chantiers à engager avec le souci permanent de l’intervention des citoyen·nes dans les choix collectifs, et l’attention constante que la bifurcation écologique se fasse au service de toutes et tous.
La planification sera mise en œuvre dans une logique de bifurcation par rapport au système actuel : mise en sécurité sociale des biens communs comme l’air et l’eau. La marchandisation des biens communs conduit à privilégier le rentable au nécessaire. Abandonner les ressources aux logiques de profit c’est renoncer à pouvoir agir collectivement sur nos conditions de vie, sur la condition même de notre survie.

  • La réalité du dérèglement climatique n’est plus contestée par personne. Partout dans le monde, ses effets dévastateurs touchent en premier lieu les plus fragiles et précaires. Ainsi, il est impossible de dissocier les luttes sociales et écologiques, toutes deux aussi nécessaires et complémentaires. Il en va de notre milieu de vie, et donc de nos vies.
    Parce qu’il est désormais une réalité et non plus une projection future, il n’est plus temps de parler de transition. Seul un changement de cap radical, une bifurcation, pourra nous sortir de l’ornière. Pour cela, il est nécessaire de fixer un certain nombre de principes auxquels se tenir, avant de décliner un panel d’actions plus détaillées :

    • Ménager plutôt qu’aménager le territoire
      Nous aurons une exigence de sobriété foncière renforcée comme fil rouge, en évitant autant que possible d’urbaniser toute parcelle qui ne le serait pas, en privilégiant la requalification des friches et en revégétalisant le plus de surfaces possible.

    • Préserver la biodiversité
      Nous analyserons chaque projet à l’aune de son impact sur la biodiversité. Les aménagements urbains, notamment paysagés, seront pensés afin de renforcer la diversité des écosystèmes et permettre le retour d’une flore et d’une faune riche et diversifiée. Nous renforcerons notamment les continuités de trames vertes (couvert végétal), bleues (eau), brunes (sols) et noires (nuit). Nous bannirons les produits phytosanitaires et toxiques pour le traitement des plantes invasives et des animaux liminaires.¹

    • Végétaliser et reboiser la ville pour la rafraîchir
      Avant même de planter des arbres, nous commencerons par tout mettre en oeuvre pour assurer la santé de ceux existants, en protégeant leurs pieds de toute agression extérieure, en reperméabilisant les sols et en tâchant à chaque fois que ce sera possible de créer des continuités végétales et d’humus entre différents arbres, notamment le long d’alignements.
      Nous planterons des arbres à chaque fois que cela sera possible afin de rafraîchir le milieu urbain notamment durant les canicules estivales. Nous serons attentifs aux essences plantées afin de mixer essences indigènes et adaptées aux évolutions du climat à prévoir sur les prochaines années.

    • Rendre la ville comestible
      Nous planterons des essences comestibles productives (non hybrides), notamment à proximité des écoles, pour créer de véritables vergers urbains et repenser notre rapport au vivant, à l’alimentation et à la consommation en ville.

    • Prioriser les mobilités actives
      Nous saisirons chaque reprise de chaussée de rue (pour réfection de l’enrobé par exemple) pour repenser le profil de mur à mur afin de maximiser l’espace dévolu aux piétons et cycles et leur offrir ainsi un cadre de déplacement et d’évolution sécurisé et agréable. Ainsi, notre ville sera plus inclusive notamment aux personnes à mobilité réduite et aux personnes qui n’ont pas les moyens d’avoir une voiture.

    • Penser la ville à hauteur d’enfants... et des aînés
      Renforcer les mobilités piétonnes, c’est redonner leur place dans la ville aux plus vulnérables. Nous augmenterons le nombre de bancs, pas seulement dans les parcs, mais aussi le long d’itinéraires piétons identifiés, pour permettre de se reposer quand on manque d’énergie. Nous développerons des espaces ludiques, formels ou informels, et éviterons les jeux de catalogue pour privilégier une co-construction entre enfants et designers. Nous n’oublierons pas les adolescents, souvent délaissés, dont les besoins sont différents.

    • Valoriser les toitures comme « cinquième façade »
      Nous ferons inscrire dans le PLUi l’obligation que la toiture des constructions neuves ait une fonction supplémentaire à la seule couverture du bâtiment : végétalisation extensive ou intensive (rafraichissement urbain, gestion des eaux de pluie, espaces de biodiversité), production énergétique, espaces d’agrément, verrière, etc.

    • Adopter un plan canicule
      Recenser et prévoir des lieux d’accueil adaptés, notamment pour les personnes vulnérables à la chaleur : personnes âgées, jeunes enfants, femmes enceintes, personnes en situation de handicap, sans domicile fixe, etc.

    ———————

    ¹ Ni sauvage, ni domestique, un animal liminaire est un animal qui vit en liberté dans l’espace urbain, à proximité des humains. Certains sont considérés comme « nuisibles » comme les rats et les pigeons en ville

    • Réalisation dès la première année d’un diagnostic écologique citoyen du territoire
      Première étape nécessaire, ce diagnostic sera à la fois expert et populaire : il reposera pour partie sur l’immense travail déjà fait par les associations.

    • Faire de la biodiversité un critère d’analyse de tous les projets et actions engagées
      L’argent ne peut pas être le seul critère de la commande publique. Nos décisions doivent être mesurées par rapport à leur impact sur le vivant.

    • Valorisation des friches
      La loi Climat et Résiliance impose le principe de Zéro Artificialisation Nette, ce qui inclut un principe de compensation. Nous tendrons vers le Zéro Artificialisation tout court, en reconstruisant sur des terrains déjà artificialisés pour préserver les terres agricoles et naturelles. Nous dépolluerons et valoriserons ainsi les friches, soit pour les bâtir, soit pour les revégétaliser en fonction des enjeux de chacune. Nous établirons également des plans de densification des secteurs à vocation économique, afin de valoriser les nombreux espaces dits « improductifs » et donc perdus (parkings d’entreprises, etc.), qui représentent un potentiel immense de développement.

    • Replantation de haies sur les terres agricoles municipales et accompagnement à la plantation de haies ainsi que leur classement dans son Plan local d’urbanisme (PLU)

    • Zéro produits phytosanitaires et toxiques
      Nous bannirons les produits phytosanitaires et toxiques pour le traitement des plantes invasives et des animaux liminaires, qui contaminent ensuite l’ensemble de la chaine alimentaire.

    • Droit à la nuit : lutte contre la pollution lumineuse et préservation de la « trame noire »
      Il est quasiment impossible aujourd’hui d’observer des étoiles en ville, alors qu’elles ont de tout temps été notre guide le plus fiable pour se repérer dans l’espace. Nous nous coupons ainsi d’un rapport au monde précieux. Surtout, l’éclairage permanent impacte et réduit durement les milieux de vie de la faune nocturne. Nous travaillerons à réduire autant que possible ce suréclairage de manière à recréer des « trames noires », ou continuités nocturnes pour la faune, tout en travaillant à maintenir le sentiment de sûreté à toute heure dans l’espace public. Nous refuserons le techno-solutionnisme de l’éclairage intelligent, qui ne peut reposer que sur des capteurs et qui pose de nombreux problèmes (information en temps réel de l’itinéraire d’une personne suivie, déclenchement intempestif par des animaux, etc.) Nous préférerons agir via :

      • l’extinction nocturne des enseignes lumineuses pour l’ensemble des commerces, excepté pour les commerces nocturnes (hôtels, etc.)

      • l’extinction, concertée avec la population de chaque quartier, de l’éclairage public de minuit à 6 h. Nous proposerons et testerons la mise en place d’éclairage à la demande, via des interrupteurs de rue.

      • l’optimisation de l’éclairage en travaillant des solutions de mobilier urbain qui oriente l’éclairage le plus possible vers le sol.

  • La Terre est un espace fini, et la quantité des ressources qui y sont disponibles aussi. Or, notre mode de vie rapporté à la population mondiale nécessiterait 2,7 planètes Terre. Alors que la population mondiale a dépassé les 8 milliards d’êtres humains en 2022 et ne devrait connaître une décroissance démographique qu’à partir de 2100, il est crucial de prélever avec parcimonie ce dont on a besoin pour vivre, au risque de l’avènement de catastrophes climatiques toujours plus extrêmes et nombreuses, et de conflits majeurs.
    Mais nous refusons catégoriquement le discours selon lequel le consommateur serait seul responsable de sa consommation. Ce sont des choix politiques qui l’influencent et parfois le contraignent dans ses décisions. Ainsi, nous proposons des mesures concrètes pour réduire nos consommations. C’est essentiel pour retrouver un mode de vie collectif soutenable, et pour permettre à chacun de retrouver du pouvoir de vivre en faisant de précieuses économies.

    Garantir le droit à l’eau

    • Notre objectif : les 15 premiers m3 d’eau gratuits, le gaspillage surfacturé, une tarification progressive
      Renégociation du contrat de distribution d’eau potable avec la SAUR, avec pour objectif un contrôle citoyen et une tarification progressive.

    • Préparation du retour en régie de l’eau à l’échéance de la délégation de service public, pour un contrôle citoyen de ses prix et de sa qualité. À l’avenir, l’eau sera un enjeu majeur. Les collectivités doivent reprendre son contrôle pour s’assurer que l’accès à l’eau soit traité démocratiquement, en privilégiant les usages indispensables.

    • Récupération des eaux de pluie pour le nettoyage des rues

    Réduire les déchets

    • Soutien aux ressourceries, lieux de réparations et de réemploi
      Réparer, récupérer, échanger, recycler (...) : toutes les alternatives à la consommation du neuf, doivent être mobilisées. En plus, elles sont économiques.

    • Objectif zéro plastique dans les cantines et les réceptions
      L’objectif de relocalisation des cuisines dans chaque école à l’échéance de la délégation de service public Elior facilitera le passage au zéro plastique.

    • Refuser le projet d’incinérateur à Unieux et lui préférer le partage des déchets avec l’incinérateur Lyon-Gerland qui est en sous-régime, en travaillant au transport des déchets par le rail de nuit.
      Construire un incinérateur aujourd’hui, c’est choisir la voie des déchets pas celle de la sobriété, c’est repousser la réflexion collective vers une diminution des déchets.

    • Aides à l’installation des commerces écologiquement et socialement responsables (vrac, bio, local, etc.)
      Le changement des habitudes passe par la disponibilité à des coûts maîtrisés. Il faut aider au changement d’échelle de la distribution responsable.

  • La place accordée aux animaux dans la ville est un révélateur de notre rapport au vivant. À Saint-Étienne, les animaux sont encore trop souvent considérés comme une nuisance à gérer ou une variable secondaire de l’aménagement urbain, plutôt que comme des êtres sensibles partageant notre environnement. Pourtant, un autre choix politique est possible : rompre avec une organisation urbaine fondée sur le spécisme — cette hiérarchisation des vies qui place systématiquement les intérêts humains au-dessus de ceux des autres espèces — et affirmer une ville qui reconnaît les animaux comme des sujets à part entière. Cela suppose d’anticiper les conflits d’usage, de privilégier les méthodes non létales, de protéger les habitats et d’intégrer le respect du vivant dans chaque décision d’aménagement.

    Animaux domestiques

    • Former et sensibiliser les agent·es municipaux à la gestion du bien-être animal et au signalement des situations de maltraitance
      Les agent·es municipaux sont souvent les premiers témoins de situations de maltraitance, d’abandon ou de détresse animale. Cette formation doit leur permettre d’identifier les cas à risque, de se protéger dans leurs interventions et d’agir de manière adaptée, en privilégiant des solutions non létales, proportionnées et respectueuses du bien-être animal.

    • Poursuivre le financement et l’organisation de la stérilisation des chats errants

    • Prévoir des espaces/abris aménagés pour chats (eau, nourriture…) dans les lieux publics où ces derniers sont recensés (lieux de nourrissages) en collaboration avec les associations et/ou nourrisseuses de terrain.

    • Aménager des espaces canins de qualité, vastes, sécurisés, entretenus et favorisant la liberté de mouvement et la sociabilisation
      Aménager de véritables espaces de liberté canine permet aux chiens de satisfaire leurs besoins naturels — courir, jouer et se sociabiliser — tout en favorisant une cohabitation apaisée avec les riverains. À Saint-Étienne, les rares équipements existants sont peu fréquentés car mal pensés et insuffisamment attractifs, tant pour les animaux que pour leurs accompagnant·es.

    • Ouvrir les parcs publics aux chiens lorsque cela est possible et développer une réflexion sur des espaces partagés sécurisés entre humains et chiens en liberté.

    • Garantir la transparence de l’activité des fourrières en publiant sur le site de la commune un bilan annuel de leur activité.

    • Soutenir les associations de protection animale par le financement et la mise à disposition de locaux municipaux.

    Animaux sauvages

    • Aménager des espaces refuges pour les animaux sauvages et maintenir des friches favorables à la biodiversité, en particulier pour les pollinisateurs sauvages

    • Privilégier les solutions non cruelles contre la prolifération des animaux liminaires telles que la stérilisation, les pigeonniers contraceptifs ou les dispositifs de dissuasion non traumatisants lorsque ceux-ci existent.

    • Intégrer des critères éthiques liés au bien-être animal dans les marchés publics
      Exclusion des produits issus de l’élevage sans accès au plein air et de la pisciculture intensive, du foie gras, etc.

    • Interdire les cirques exploitant des animaux sauvages, ainsi que toute exploitation d’animaux sauvages à des fins de représentation, de détention ou de reproduction sur le territoire communal.

    • Renégocier les contrats de Délégation de Service Public afin d’interdire les salons animaliers (vente ou exposition d’animaux vivants) dans les équipements municipaux.

    • Instaurer deux journées végétariennes par semaine dans les cantines scolaires et garantir le respect de l’obligation légale d’option végétarienne quotidienne.

    • Fixer un objectif de réduction de 50 % de la consommation de produits d’origine animale d’ici 2032 dans la politique alimentaire urbaine
      Réduire notre consommation de viande répond à plusieurs enjeux majeurs.
      D’abord éthique : 80 % des animaux terrestres sont élevés en système intensif et soumis à des conditions de vie cruelles.
      À cette réalité s’ajoute un enjeu climatique : la production de viande représente 12 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, tout en ayant des conséquences désastreuses sur les terres (acidification des sols, eutrophisation des eaux...).
      C’est également une question de santé publique. En France, la consommation de viande est deux fois plus élevée que la moyenne mondiale. Cette surconsommation favorise les maladies chroniques (diabète, maladies cardiovasculaires, certains cancers) et contribue à l’antibiorésistance et à l’émergence de nouvelles pandémies.

    • Préservation de la « trame noire » pour protéger les espèces actives la nuit, maintenir leurs continuités écologiques et respecter leurs rythmes biologiques. Voir chapitre 13.

SAINT-ÉTIENNE DYNAMIQUE

  • La culture ne se résume pas aux arts et aux institutions. Au sens de la définition des Droits Culturels de la Déclaration de Fribourg (2007), la culture est l’ensemble de « valeurs (…) et modes de vie par lesquels une personne ou un groupe exprime son humanité (…)  ». Ainsi, l’ensemble de nos pratiques quotidiennes et de nos mises en relations fait culture. C’est pourquoi nous ne distinguons pas la question du tissu associatif et des amicales de celle des grandes institutions artistiques qui, ensemble, font le rayonnement et la fierté de notre territoire. Nous passerons d’une politique culturelle de diffusion, à une politique où la culture accompagne la construction permanente de notre société. Nous tâcherons de rendre les cultures dites « savantes » accessibles au plus grand nombre et de rendre plus visibles les pratiques émergentes, populaires et dites de « contre-culture ».

    Démocratie culturelle et culture démocratique

    • Assises de la culture dans les quartiers
      Identifier les besoins et les envies, tant en production qu’en diffusion, mais aussi en formation des spectateur·ices. Identifier les besoins diffus pour répondre par des espaces dédiés disséminés dans la ville pour brasser les populations.

    • Mobilisation des outils culturels et artistiques au service de la démocratie et du droit à la ville notamment via des résidences artistiques de long terme dans les quartiers intégrant les dynamiques déjà en place.

    • « Laboratoire des récits stéphanois »
      Création d’un programme de collecte et de mise en récit des mémoires ouvrières, migratoires et populaires associant le monde artistique, la recherche et les habitant·es.

    Soutenir la créativité, donner l’art à voir

    • Friche artistique et/ou mise à disposition de locaux aux acteurs culturels
      Nous faciliterons l’installation d’une ou plusieurs friches artistiques : mise à disposition de lieux conventionnés gérés par un directoire inter-associatif chargé d’auto-gérer les espaces de création (ateliers artistiques, locaux de répétition, bureaux de création vidéo, fab-lab, sérigraphie, etc.) et de diffusion (hall d’exposition, salle de diffusion, théâtre, danse, concerts, etc.) présents sur le même site.

    • Médiation culturelle de proximité
      Création de postes de médiation culturelle pour mettre en lien les cultures populaires et savantes auprès de tous les publics sur des actions de long terme. Suite aux assises, nous travaillerons à la mise en place d’ateliers hebdomadaires de pratiques culturelles et artistiques différentes, disséminés dans la ville, idéalement portés par des artistes et proposant des restitutions publiques.

    • Nouveau conservatoire à La Charité
      Un nouveau conservatoire déménagé à La Charité, au cœur d’un parc paysager et piéton, au croisement d’axes vers l’Opéra et le campus Tréfilerie, pour répondre à la vétusté, l’étroitesse et la mauvaise implantation (le long d’un axe bruyant) de l’équipement actuel, tout en restant dans le même quartier.

    • Classes orchestres
      Extension du dispositif de classes orchestres. Création de dispositifs relais permettant une réelle poursuite de la pratique de la musique par les enfants issus de ces classes, dont on ne dénombre à ce jour aucune poursuite après le passage au collège. Souscription au dispositif DEMOS (prêt gratuit d’instruments aux enfants de quartiers prioritaires porté par la Philharmonie de Paris).

    Mieux lire

    • Gratuité des médiathèques pour toutes et tous

    • Redéfinition des projets de médiathèques à Carnot
      La médiathèque de Carnot atteint un niveau de vétusté qui nécessite son déménagement rapide. Nous étudierons l’opportunité de la réunir avec la biblio-matériauthèque de la Cité du Design en un même équipement pluriel pour mixer les publics et décupler l’accès à la connaissance.

    • Rénovation de la médiathèque de Tarentaize et redéfinition de son accessibilité en transports en commun
      Intégration des espaces laissés vacants par le départ de la cinémathèque et redéfinition du parvis et des accès, pour de meilleures conditions d’usage et de travail.

  • La municipalité sortante n’a eu de cesse de privilégier le sport-spectacle, vecteur d’une soi-disant attractivité, que ce soit sur le volet événementiel ou celui des équipements. Il en résulte un oubli du sport quotidien et de la majeure partie des stéphanois·es.
    La quasi-totalité des équipements sportifs de proximité est dans un état indigne d’une grande métropole, qu’il s’agisse des gymnases ou des terrains extérieurs.
    Quant aux piscines, elles ferment les unes après les autres et en été, lorsqu’il y en a le plus besoin, une seule reste ouverte. L’apprentissage de la natation est menacé et l’absence de solutions de baignade sécurisée lors des fortes chaleurs fait courir des risques de noyades importants, notamment auprès des plus jeunes.
    Nous envisageons le sport comme un enjeu de santé publique touchant toutes les générations. Il doit ainsi faire l’objet d’une attention centrale de l’action municipale.

    • Diagnostic global des équipements sportifs afin de prioriser le programme de rénovation en fonction de la vétusté des équipements et des besoins identifiés. Ce diagnostic intègrera également une enquête auprès des clubs, usager·es et établissements scolaires pour cartographier précisément les besoins spécifiques à travers la ville et pour la planification d’éventuelles extensions ou créations d’équipements.

    • Rénovation lourde des équipements sportifs de proximité

    • Baignade estivale sécurisée et apprentissage de la natation
      Les canicules estivales conjuguées à la fermeture scandaleuse des piscines engendrent une hausse chaque année plus forte du nombre de noyades, notamment parmi les jeunes.
      Nous mettrons tout en œuvre pour maintenir ouvertes les piscines existantes et créerons une ou plusieurs piscines naturelles et/ou bassins de baignade urbains surveillés dans des cadres verdoyants. Les sites choisis seront facilement accessibles en transports en commun.

    • Animations physiques intergénérationnelles dans les quartiers pour lutter contre la sédentarité et l’isolement, ainsi que la création d’aires de fitness seniors à proximité des jeux d’enfants
      Le sport est un vecteur de lien social, propice à une cohabitation harmonieuse et à retisser du lien. Nous développerons les occasions de faire se rencontrer des gens d’âges et d’horizons différents par ce biais.

  • La santé n’est certes pas une compétence municipale obligatoire. Mais la santé commence bien avant le soin, par une politique où l’humain et le vivant priment sur les intérêts économiques et la rentabilité.
    Chacun des aspects de notre action visera à améliorer les conditions de vie, et donc la santé de toutes et tous. Nous réduirons la place de la voiture et la pollution qu’elle engendre, particulièrement à proximité des écoles.
    Nous réhabiliterons les équipements sportifs afin de permettre une activité physique régulière, et nous proposerons une alimentation 100  % bio et locale dans tous les établissements municipaux. Nous supprimerons également les publicités de l’espace public, dont beaucoup incitent à la surconsommation de produits trop sucrés, trop salés ou ultra-transformés. Nous lutterons également contre l’habitat insalubre et la précarité, facteurs de maladie trop présent à Saint-Étienne.
    Mais nous irons également plus loin avec les mesures ci-dessous :

    • Création d’un premier centre de soins municipal inclusif
      Saint-Étienne se rapproche d’un désert médical. Nous voulons construire un centre qui recrute des médecins salariés. Il portera aussi des politiques de prévention.

    • Facilitation de l’installation de professionnels libéraux dans des cabinets collectifs de santé clé en main
      Pour que des médecins s’installent dans notre ville, nous testerons différents dispositifs afin de convaincre des médecins libéraux de s’installer en cabinet collectif à Saint-Étienne. L’objectif est d’agir sur la facilité d’installation et de désinstallation pour permettre à des médecins de commencer à exercer sans investissement.

    • Formation de la police municipale aux enjeux de santé mentale
      Plus 30 % des interventions de police concernent des personnes en crise psychiatrique ou en détresse psychologique aiguë.

    • Expérimentation d’une intermédiation vers le dispositif « MonPsy »
      Nous porterons un dispositif d’avance d’honoraires pour des consultations psychologiques auprès d’une liste de praticiens disponible en mairie.

    • Dynamisation du contrat local de santé et du contrat de santé mentale (dispositifs obligatoires présidés par la maire)
      Nous consulterons à travers ces deux dispositifs les acteurs de la santé : associations, médecins, préfecture et département. Ensemble, nous pourrons améliorer la réponse municipale aux questions de santé, notamment en matière de prévention.

    • Soutien renforcé aux associations locales de santé sexuelle : Planning Familial, Enipse, Aides...

  • Ce que nous mangeons fait de nous ce que nous sommes et constitue notre rapport le plus direct au monde. Mais le modèle productiviste agricole nous déconnecte de notre environnement et épuise les terres, qui ne peuvent plus correctement nourrir leurs habitant·es. Le département de la Loire est ainsi un gros exportateur de lait, mais manque de maraîchers, alors que le maraîchage nécessite de plus petites surfaces et crée plus d’emplois par hectare. Dans un contexte où la moitié des paysan·nes partira à la retraite d’ici 10 ans, nous utiliserons tous les leviers possibles pour permettre le développement d’une filière agricole biologique, équitable et locale, afin de garantir une nourriture saine et accessible à toutes et tous.

    Production agricole

    • Création d’espaces tests agricoles et outils mutualisés de production et transformation pour permettre à de jeunes paysan·nes de tester la viabilité de leur activité, notamment sur du maraîchage biologique.

    • Étude pour la réouverture des serres municipales

    • Étude pour l’ouverture d’une ferme en régie publique
      Des outils en régie présentent de nombreux avantages : maîtriser les coûts et les conditions de production, faciliter l’insertion professionnelle et insuffler une dynamique sur le territoire afin d’accélérer les évolutions des habitudes professionnelles du secteur agricole.

    • Protection et augmentation des terres agricoles
      Transfert de zonages de secteurs U (urbanisés) ou AU (à urbaniser) vers du A (agricole) dans le PLUi. Dépollution de terres polluées en vue de les rendre à nouveau cultivables à moyen terme.

    • Politique d’acquisition de foncier agricole pour éviter l’agrandissement à outrance d’exploitations qui deviennent par la suite invendables. Sera privilégiée la création de petites unités adaptées à une activité de maraîchage, peu présente sur le Sud Loire.

    Aide à l’accès à une alimentation saine, biologique, locale et diversifiée pour toutes et tous

    • Aides à l’installation aux épiceries locales, biologiques, vrac ou solidaires sur la base d’un quota minimum de produits concernés vendus.

    • Soutien aux initiatives d’entraide alimentaire
      28 % de la population stéphanoise vit sous le seuil de la pauvreté et 18 % est éligible à l’aide alimentaire. Il n’est pas acceptable que l’alimentation, enjeu de santé crucial, soit la variable d’ajustement budgétaire des ménages les plus précaires. Nous soutiendrons le développement des initiatives existantes comme par exemple l’association VRAC ou l’expérimentation d’une Caisse Sociale de l’Alimentation.

    • Cantines 100 % bio et locales
      Voir chapitre 5

    • 2 journées végétariennes par semaine et respect de l’obligation légale d’option végétarienne quotidienne
      Voir chapitre 5

    • Objectif de relocalisation des cuisines dans chaque école
      Voir chapitre 5

  • Alors que le commerce de centre-ville était déjà en difficulté à cause du développement du commerce en ligne et de la précarité grandissante, Gaël Perdriau lui a porté le coup de grâce en créant Steel qui a aspiré toutes les enseignes du centre-ville.
    Dans ce même centre-ville, les commerçants ne voient pas arriver les clients Steel qui, selon le discours officiel, profiterait à tous. Les rares ouvertures dont ont pu se féliciter les élus sortants ferment en réalité quasiment systématiquement quelques années plus tard. Ce modèle ne s’appuie que sur le capitalisme mondialisé et sur une consommation non maîtrisée, à l’encontre du commerce indépendant de centre-ville.
    Il est urgent d’inverser cette dynamique en soutenant les acteurs locaux — commerçants, artisans, entrepreneurs, associations... — afin de redonner vie aux nombreux rez-de-chaussée vacants.
    Cela suppose également de recréer de l’activité autour de ces commerces : développer une programmation culturelle et sportive, renforcer les services publics de proximité et la mobilité pour redonner envie de venir et de rester en ville.

    Défendre le petit commerce face aux géants de la grande distribution

    • Interdiction de nouvelles grandes surfaces commerciales dans le PLUi
      Le modèle de la grande surface est moins favorable en matière de qualité, d’emploi et d’impact social. Il repose sur l’exploitation des paysan·s et des travailleur·euses, consomme des surfaces agricoles et naturelles précieuses, dévitalise le commerce de centre-ville et crée trois fois moins d’emploi qu’un commerce indépendant à surface équivalente.

    • Suppression progressive des panneaux publicitaires dans l’espace public
      La publicité accapare l’espace public pour promouvoir majoritairement des produits dont nous n’avons pas besoin, souvent nocifs pour la santé ou l’environnement et qui ne bénéficient pas à l’économie locale. Nous estimons que le coût cumulé de ces impacts négatifs excède les revenus directs qu’elle génère ; nous ferons donc le choix de nous en passer.

    Un centre vivant pour un commerce désirable

    • Piétonnisation du centre-ville
      La piétonnisation est bonne pour le commerce ! La valeur du panier moyen d’un piéton ou d’un cycliste est plus importante que celle d’un automobiliste, qui consomme plus en une fois, mais moins souvent. De plus, les automobilistes ne représentent que 15 % de la clientèle des magasins de centre-ville.
      Voir chapitre 10

    • Gratuité des transports en commun le week-end
      Cette mesure soutiendra la mobilité vers les lieux culturels, sportifs et les commerces du centre-ville.

    • Gratuité du stationnement le samedi à l’extérieur du boulevard urbain
      Cette mesure vise à faciliter l’accès au centre-ville pour toutes et tous, tout en évitant l’occupation prolongée des places par des véhicules stationnés toute la journée.
      Elle permettra de garantir une rotation suffisante des places afin de faciliter les arrêts courts, le dépôt de personnes ou le chargement de marchandises.

    Vers un commerce diversifié, vivant et responsable

    • Extension du périmètre de préemption commerciale¹ aux quartiers non centraux afin de prévenir la désertification commerciale qui touche également certains quartiers périphériques, favoriser une diversité commerciale et permettre des loyers adaptés.

    • Aides à l’installation des commerces indépendants écologiquement et socialement responsables (vrac, bio, local, etc.)
      Nous conditionnerons notre soutien à un quota minimal de produits vendus répondant à des critères écologiques et sociaux.

    • Revitaliser le centre ville au quotidien en utilisant les espaces vides pour l’artisanat, l’art, les associations et les entreprises de l’économie sociale et solidaire (ESS)

    • Doublement de la taxe sur les commerces vacants dont l’inaction du propriétaire est confirmée
      La hausse de taxe arrivera toujours après des propositions concrètes au bailleur.

    • Facilitation des initiatives d’animation de quartier
      La ville appuiera logistiquement les initiatives en mettant à disposition la police municipale et le matériel nécessaire : barnums, tables, bancs, déco, etc.

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    ¹ Préemption commerciale : droit pour une collectivité d’acquérir en priorité un local commercial ou un fonds de commerce mis en vente afin de maîtriser la diversité et l’équilibre de l’offre commerciale sur son territoire.

  • Le bassin stéphanois constitue le 2e plus grand bassin de PME et PMI après l’Île-de-France¹. Ces entreprises, parfois de haute technicité, font rayonner notre territoire et représentent une source importante d’emplois qualifiés. Nous nous appuierons sur ce tissu économique dynamique et nous agirons pour le renforcer dans une trajectoire soutenable, à la fois sur le plan écologique et social.

    • Remise en place de la commission économique consultative métropolitaine
      Instance de dialogue avec les organisations syndicales et patronales qui nous permettra de recueillir les signaux d’alerte du monde économique le plus en amont possible.

    • Intégration de l’initiative « territoire zéro chômeur longue durée »
      Nous postulerons à ce dispositif national pour permettre la création d’une entreprise pour l’emploi. Un projet est déjà prêt à démarrer à Montreynaud.

    • Soutien aux projets coopératifs (SCOP, SCIC, etc.)
      Nous renforcerons l’information de la population sur ces dispositifs, notamment dans les lycées professionnels afin de sensibiliser dès la formation aux modèles coopératifs.
      En effet, les entreprises coopératives, par leur gouvernance collective, sont ancrées localement, non délocalisables et plus résilientes face aux crises.
      Nous mettrons en place un appui administratif et juridique pour accompagner et sécuriser les initiatives qui souhaitent s’inscrire dans cette démarche.

    • Commande publique exigeante et responsable sur les volets social et écologique
      Nous intégrerons systématiquement des clauses d’insertion sociale dans les marchés publics, ainsi que des exigences en matière d’alimentation et de matériaux biosourcés pour les constructions et rénovations.
      Ces critères permettront de soutenir l’emploi local, de favoriser une agriculture durable et de réduire l’empreinte environnementale du bâti.

    • Optimisation du foncier d’activité dans une perspective vertueuse et concertée
      Nous optimiserons l’utilisation des zones d’activité existantes afin de limiter l’artificialisation des sols et de préserver les espaces naturels.
      En favorisant une meilleure densité et une organisation plus efficace des sites déjà aménagés, nous encouragerons le développement économique tout en respectant une logique de sobriété foncière.

    • Foncière économique et commerciale pour préserver les terrains et bâtiments industriels
      Mise à disposition de surfaces d’activités, notamment aux acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS) et aux jeunes entrepreneurs, avec un loyer adapté au chiffre d’affaires pour faciliter le démarrage et le développement des projets.
      Nous mettrons en place une foncière publique afin de maîtriser le foncier industriel et d’éviter toute spéculation ou sa disparition.

    • Proposer des baux progressifs pour soutenir l’installation des commerces
      Nous proposerons des loyers très faibles au démarrage, afin de réduire le risque financier lors des premières années d’activité, puis un loyer progressivement indexé sur le chiffre d’affaires.
      Cette adaptation aux réalités économiques actuelles du commerce permettra de favoriser les réimplantations et de soutenir la pérennité des activités de proximité.

    • Priorisation aux marchands alimentaires sur les marchés et sécurisation des emplacements pour les nouveaux vendeurs qui souhaitent se lancer. Une attention particulière sera portée aux produits locaux afin de soutenir les circuits courts et les producteurs du territoire.

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    ¹ https://eco.saint-etienne-metropole.fr/vivre-ici/une-dynamique-economique/

  • Afin de désengager l’État de ses responsabilités et faire des économies sur le dos des collectivités, les différents gouvernements successifs cherchent à faire porter aux polices municipales des missions qui ne sont pas prévues dans leur cadre d’emploi* et pour lesquelles elles ne sont pas formées, les mettant ainsi en danger.
    Parallèlement, l’investissement est concentré sur des gadgets technologiques inutiles et potentiellement dangereux plutôt que sur les moyens humains, pourtant seule garantie d’une relation de confiance avec la population.
    Nous reviendrons à l’esprit d’une police municipale de proximité formée et équipée pour répondre aux besoins réels des habitant·es, avec pour mission principale d’assurer la tranquillité publique.
    Afin de briser le mur de méfiance réciproque entre la police et la population, il est crucial de privilégier la prévention, la médiation et la désescalade pour bâtir une relation de confiance plutôt que de multiplier des dispositifs sécuritaires inefficaces.

    • Police de proximité et du quotidien
      Recentrage de la police municipale sur les missions prévues par son cadre d’emploi¹ : application des arrêtés municipaux, constatations des infractions et de certains délits, etc.
      Ces missions ne nécessitent pas d’armement létal. Les effectifs en seront ainsi dépourvus.
      Redéploiement des équipes de police municipale dans chaque quartier à pied et à vélo sur des plages horaires étendues afin de recréer un lien de confiance avec la population.
      Réouverture d’antennes de proximité en profitant de locaux vacants ou désaffectés.

    • Conseils de secteur de la tranquillité publique réunissant habitant·es et acteur·ices de la tranquillité
      Instances intégrées aux conseils de quartier, regroupant habitant·es, commerçant·es, acteurs associatifs, représentants de l’État (police nationale) et de la Ville (police municipale), visant à partager les enjeux et à co-construire des stratégies et des réponses en matière de tranquillité publique, adaptées à chaque quartier.

    • Déploiement de médiateur·ices de rue, pour aller vers la jeunesse
      Nous développerons les emplois de médiation scolaires et de rue (de jour et de nuit) ainsi que d’éducation spécialisée de rue.

    • Soutien aux clubs de prévention

    • Instaurer un moratoire sur la vidéosurveillance
      La vidéosurveillance est inefficace et ne fait que déplacer la délinquance, pour un coût exorbitant. En 2020, le coût de la vidéosurveillance pour la ville de Saint-Étienne était estimé à 1,3 millions d’euros par an pour 67 caméras. Aujourd’hui, la ville en compte 442.
      Pourtant, les faits repérés grâce à la vidéosurveillance ne représentent que 1 à 3 % des faits de délinquance comptabilisés par la police².
      Nous refusons cet investissement purement symbolique³, qui a fait la preuve de son inefficacité.
      Nous n’installerons aucune nouvelle caméra durant le mandat et ne remplacerons pas celles qui deviendront hors service. La priorité sera donnée à une présence humaine continue sur le terrain. Les caméras encore en fonctionnement ne seront utilisées que comme outil de levée de doute. Nous refuserons par ailleurs toute utilisation d’outils algorithmiques et de reconnaissance faciale, qui soulèvent de graves enjeux en matière de libertés fondamentales.

    • Formations renforcées des agent·es de la police municipale à la désescalade, aux questions de genre et aux enjeux de santé mentale
      Notamment sur l’amélioration de l’accueil des personnes LGBTIQI+ afin de garantir la connaissance des critères de discrimination liés à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre. Une attention particulière sera portée aux personnes trans, notamment concernant le respect de leur état civil et de leur identité de genre. Mais aussi sur les enjeux de la santé mentale car plus de 30 % des interventions de police concernent des personnes en crise psychiatrique ou en détresse psychologique aiguë.

    • Lutter activement contre la violence routière
      Réduire la place de la voiture dans l’espace public et aménager la voirie pour limiter les excès de vitesse. Renforcer les contrôles en lien avec la police nationale.

    • Lutte contre les addictions, dont le protoxyde d’azote
      Campagnes de sensibilisation aux dangers des produits stupéfiants dont le protoxyde d’azote et articulation avec la police nationale en matière de contrôle.

    ———————

    ¹ Il faut faire une distinction entre sécurité et tranquillité :

    • La sécurité relève des missions régaliennes de l’État (police nationale et gendarmerie) : lutte contre la criminalité, maintien de l’ordre, enquêtes judiciaires.

    • La tranquillité publique relève du maire (police municipale) : prévention des troubles du quotidien, respect des arrêtés municipaux, régulation apaisée de l’espace public.

    ² Selon les travaux de plusieurs scientifiques. Notamment les travaux du sociologue et directeur de recherche au CNRS Laurent Mucchielli, du docteur en administration publique Guillaume Gormand, du sociologue à l’IAURIF Tanguy Le Goff, etc. La Cour des Comptes elle-même indique qu’« aucune corrélation n’a été relevée entre l’existence de dispositifs de vidéo-protection et le niveau de la délinquance commise sur la voie publique, ou encore les taux d’élucidation »

    ³ Selon l’analyse du Laboratoire d’innovation numérique de la CNIL « l’évaluation de leur efficacité sur la baisse des délits est peu démontrée. » Mais, pour les élus, c’est un «investissement symbolique » qui rassure.

SAINT-ÉTIENNE FRATERNELLE

  • À Saint-Étienne, le taux de pauvreté est deux fois plus élevé que la moyenne française. L’inflation et l’augmentation du coût de l’énergie compliquent nos vies. Face à cela, la commune est souvent le terreau des solidarités concrètes, loin des politiques de contrôle et de culpabilisation menées par l’État. Les municipalités sont la première porte d’entrée des personnes en difficulté. C’est aussi en leur sein que s’organise le lien social, dernier rempart contre l’isolement. Si nous proposons des stratégies de moyen terme visant une redynamisation économique, nous devons aussi déployer des mesures d’urgence.
    La lutte contre la précarité étant transversale, elle traverse tous les champs de l’action municipale. Se loger dignement, se déplacer, se nourrir, accéder aux soins, à l’école et à la culture : chacun de ces volets participe concrètement à réduire les inégalités. C’est pourquoi les mesures présentées ci-dessous renvoient aux chapitres concernés :

    • Salaire plancher pour les agent·es municipaux de 1 600 €
      Chapitre 3

    • Service public funéraire
      Chapitre 4

    • Gratuité des fournitures scolaires allouées à tous les élèves

    • Cantines gratuites
      Chapitre 5

    • Soutenir les projets de logements sociaux partagés adaptés pour les seniors
      Chapitre 6

    • Relance de la production de logement public et social

    • Grand plan de rénovation thermique du parc public limitant les charges et la consommation d’énergie

    • Cellule de défense des droits des locataires et brigade du logement
      Chapitre 9

    • Notre objectif : les 15 premiers m3 d’eau gratuits, le gaspillage surfacturé
      Chapitre 14

    • Soutien aux initiatives d’entraide alimentaire
      Chapitre 19

    • Projet « Territoire zéro non-recours » (TZNR) décentralisé
      Co-portage des agents par les centres sociaux pour sortir de la centralité du centre communal d’action sociale (CCAS) et aller au plus près des habitant·es et pérenniser le dispositif après 2026. Ce projet vise à lutter contre le non-recours aux droits sociaux, c’est-à-dire le fait qu’un individu ne bénéficie pas des aides ou des services auxquels il a droit, souvent en raison d’un manque d’information, de la complexité administrative ou d’un sentiment de stigmatisation.

  • Dans le pays, les principaux motifs de discriminations subies sont liés à l’origine, le handicap, la couleur de peau, la religion, le sexe, l’orientation ou l’identité sexuelle, l’apparence physique, l’âge, le lieu de résidence, etc. Elles peuvent se manifester par des violences verbales ou physiques, mais aussi par des complications ou interdictions d’accès à certains droits (logement, emploi, loisirs, etc.). Ces actes  –  bien que théoriquement punis par la loi – sont en constante augmentation et sont parfois même le fait des institutions de la République elles-mêmes ou de leurs représentant·es (contrôle au faciès, violences policières, attribution de logements, etc.).
    Surtout, les discriminations sont le fait de réflexes sociétaux profondément ancrés dans notre mémoire collective et parfois inconscients, qu’il est nécessaire de déconstruire pas à pas.
    Dans ce cadre, notre majorité municipale reconnaîtra le caractère systémique des violences et discriminations et luttera sans relâche contre leurs expressions individuelles afin de les combattre et de les éradiquer. Cela passe notamment par des services publics exemplaires avec des moyens dédiés, une formation continue des agent·es, une commande publique responsable et un engagement clair aux côtés des personnes victimes. L’égalité n’est pas un slogan, c’est une politique publique que nous souhaitons mettre en place concrètement.

    • Création d’un bureau des discriminations : identification des discriminations, soutien aux victimes
      Bureau composé de personnes concernées et de spécialistes, afin d’accompagner les victimes de discriminations. Cette cellule accompagnera les victimes avec une écoute, un soutien juridique, un accès aux dispositifs existants et des dispositifs de signalement.

    • Audit des pratiques d’accueil dans les services municipaux : mairie, centre communal d’action sociale (CCAS), maisons de quartier...

    • Élaboration budgétaire sensible au genre
      Les villes se sont dotées d’infrastructures sportives destinées ou utilisées quasi exclusivement par des publics masculins (grands stades de football ou de rugby, citystades, skateparks, terrains de pétanques) et 75 % des budgets publics destinés aux loisirs des jeunes profitent seulement aux jeunes garçons.
      Il est donc nécessaire d’admettre que les inégalités de genre structurelles ont des conséquences sur la manière dont s’appliquent les politiques publiques. L’outil financier adéquat s’appelle la budgétisation sensible au genre. Il s’agit d’évaluer si les femmes bénéficient à l’égal des hommes des politiques publiques. Et pour réduire les inégalités, il faut les connaître et donc les compter.

    • Repenser en profondeur la commission communale pour l’accessibilité de la Mairie sortante
      C’est aujourd’hui un parcours du combattant pour signaler le moindre problème d’accessibilité à Saint-Étienne. Des retours de terrains dilués et ignorés, des équipes techniques laissées seules face à des normes complexes, et des avancées microscopiques obtenues au bout de plusieurs années, parfois en demi-conformité seulement.
      Ce que nous proposons, c’est une commission permanente de l’accessibilité composée de personnes concernées. Dotée d’un numéro vert et d’un outil numérique, elle permettra à chaque habitant·e de signaler directement un obstacle, avec une capacité réelle de traitement, de tri et d’orientation rapide vers les bons services.
      L’accessibilité concerne 12 millions de Français aujourd’hui et, avec le vieillissement de la population, les maladies invalidantes et les accidents de la vie, elle concerne en réalité tout le monde, tôt ou tard. Cela passe par des aménagements concrets et entretenus, des cheminements continus, des transports accessibles, des feux sonores réglés intelligemment selon l’environnement et des équipements fiables qui garantissent l’autonomie au quotidien — condition même de l’accès au travail, à la vie sociale et à la dignité. Nous souhaitons sortir des angles morts laissés par une gouvernance éloignée du terrain et faire de l’accessibilité un pilier transversal, concret, efficace et porté par celles et ceux qui la vivent au quotidien.

    • Soutien aux associations de lutte contre les discriminations et notamment de testing*

    • Charte de nomination des noms de rues pour une réelle représentativité de toutes et tous

    • Soutien renforcé aux associations locales féministes et LGBTQIA++ : Planning Familial, SOS Violences Conjugales 42, TransAide, le Refuge...

    • Lutte active contre la ségrégation spatiale par la relocalisation de services publics et de commerces, ainsi que par la redéfinition de l’offre de transports en commun qui pénalise les quartiers populaires. Travail conjoint entre la commission accessibilité et les équipes municipales sur chaque travaux réalisés par la mairie dès la phase de création.

    • Amélioration de l’accessibilité des lieux publics pour les personnes handicapées, notamment à mobilité réduite et soutien aux petites structures n’ayant pas les moyens de réaliser ces aménagements.

    • Signer la charte d’engagement LGBTQI+ de L’Autre Cercle

    • Développement des marches exploratoires sous le prisme des différentes discriminations pour pouvoir mettre en place les aménagements urbains nécessaires

    • Constitution de la Maire en partie civile en cas de procès pour discrimination

    • Création ou soutien de lieux d’accueil d’urgence pour les femmes victimes de violences, avec ou sans enfant, en partenariat avec les acteurs compétents.

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    * Le testing est une méthode qui permet de mesurer concrètement les discriminations, en comparant plusieurs types de candidat·es à une embauche ou à un logement par exemple.

  • Saint-Étienne est une ville de migrations. Des générations venues d’ailleurs ont construit ses quartiers, ses usines, ses associations, sa culture et ont travaillé dans ses mines. L’arrivée de nouvelles personnes exilées s’inscrit dans cette histoire. Nous refusons une politique faite de précarité et de violences. Accueillir doit être une politique publique organisée : accès au logement, aux droits, aux soins, à l’école, à l’emploi. La dignité et la stabilité profitent à toute la ville.
    Reconnaître l’apport des personnes exilées, garantir leurs droits et leur permettre de participer pleinement à la vie locale, c’est faire le choix d’une ville plus forte et plus solidaire.

    • États généraux de la dignité
      Les États généraux de la dignité visent à organiser une réponse collective, lisible et efficace autour de trois droits essentiels : avoir un toit, accéder aux droits et aux soins et retrouver un parcours d’insertion et d’autonomie. Nous associerons l’ensemble des acteurs volontaires : institutions, associations, bailleurs, entreprises et citoyen·nes afin d’assumer une politique de dignité, qui est aussi une politique de stabilité et de tranquillité publique.

    • Création d’un guichet municipal d’accès aux droits pour une domiciliation rapide, un accompagnement numérique et l’accès aux soins. Ce dispositif vise à améliorer l’information des bénéficiaires et éviter les ruptures de parcours.

    • Mise en place de contrats territoriaux d’accueil et d’intégration reposant sur une démarche de co-construction entre les services de la collectivité et ceux de la préfecture
      Premier outil des mairies pour développer une politique envers les personnes exilées, il repose sur une démarche volontaire de la Ville qui souhaite organiser l’accueil.

    • Carte municipale d’habitant·e de Saint-Étienne permettant d’ouvrir à tou·tes les habitant·es le droit de participer aux votations municipales et l’accès aux équipements et services municipaux.

    • Mise à disposition des bâtiments de la mairie pour loger les demandeurs d’asile ayant droit à un logement en mobilisant prioritairement la vacance élevée du parc public.

    • Évaluation de la faisabilité d’un soutien financier aux hôtes solidaires via un coupon pour la sécurité sociale de l’alimentation
      Actuellement, les hôtes solidaires accueillent et soutiennent les personnes sans droits sur leurs fonds propres.

    • Sécurisation du parcours des publics « hors conventionnement » en mobilisant la vacance structurelle du parc social
      Nous entendons substituer à la dépense hôtelière et à l’errance un logement stable, à coût maîtrisé, via une intermédiation locative pilotée par la Ville. Nous proposerons aux associations actuelles de mobiliser ces biens, ce qui limite leur coût. Le dispositif devra intégrer un bail glissant pour les occupants qui arrivent à récupérer des droits et travailler.

    • Mobilisation cohérente des fonds européens que les initiatives dispersées ne peuvent mobiliser
      Ces financements ne constituent pas une politique en soi, mais des leviers au service d’une stratégie locale de dignité et de stabilité. Notamment, en mobilisant les fonds européens dédiés aux personnes exilées, et ainsi soulager les dispositifs non spécialisés.

  • Ce qui se passe ailleurs dans le monde a des conséquences ici, et nos choix ici ont aussi un impact ailleurs. Une ville peut décider d’être spectatrice ou d’être cohérente.
    Nous faisons le choix d’une ville qui ne ferme pas les yeux sur les violations des droits humains, qui soutient les peuples qui luttent pour leur dignité et leur survie et qui met ses actes en accord avec ses valeurs.
    À notre échelle, nous voulons faire de Saint-Étienne une ville claire dans ses positions, fidèle à la justice et engagée pour la paix.

    • Refuser tout contrat ou partenariat avec toute entité publique ou privée qui se rendrait coupable directement ou indirectement d’atteintes aux droits humains ou aux droits des peuples à disposer d’eux-mêmes partout dans le monde : complicité de crimes d’apartheid, de génocide, etc.

    • Audit des jumelages et annulation de celui avec Nof HaGalil (anciennement Nazareth-Illit) ainsi que le changement de nom de l’allée éponyme située dans le Parc de l’Europe.

    • Nouveaux jumelages solidaires en Palestine et ailleurs ou avec des communes engagées pour la paix ou menant des politiques pour la justice et l’égalité.

    • Nouvelles coopérations internationales utiles et réciproques
      Développer des coopérations entre villes, notamment avec des villes du Sud, pour échanger des solutions concrètes déjà éprouvées : gestion publique de l’eau, adaptation aux fortes chaleurs, agriculture urbaine, solutions low-tech, innovations sobres développées dans des contextes de ressources limitées. Apprendre des expériences menées ailleurs et reconnaître que l’innovation ne vient pas seulement des grandes métropoles du Nord.

COMMENT FINANCER CE PROGRAMME ?

Les communes subissent de grosses difficultés financières. Cette situation va fortement s’aggraver avec les plus de 7,5 milliards d’euros de baisse des dotations aux collectivités pour 2026, votés par les macronistes, la droite et le Parti Socialiste.
Notre programme est construit en tenant compte de cette réalité. Il sera encore plus ambitieux si la France insoumise gagne l’élection présidentielle de 2027, qui compte soutenir activement les collectivités.
Quant au budget actuel, des choix politiques devront être faits, notamment pour réorienter les priorités budgétaires vers les habitant·es, plutôt que vers des politiques d’image ou d’attractivité dont l’efficacité n’est pas toujours démontrée.

Quelques exemples d’économies :

  • Mettre fin aux campagnes publicitaires coûteuses (comme celle destinée à promouvoir la vie étudiante de Saint-Étienne dans le métro parisien),

  • Renoncer aux constructions de prestige inutiles,

  • Réduire les frais de représentation excessifs,

  • Diminuer les dépenses de communication, qui s’élèvent actuellement à environ 8,6 millions d’euros par an, sans suivi ni stratégie clairement définie* ,

  • Mettre fin aux commandes de sondages portant sur l’image ou la carrière politique de la maire : environ 100 000 €,

  • Arrêter le déploiement de la vidéosurveillance (voir page 40), dont le coût se chiffre en millions d’euros par an,

  • Passer les cantines en régie publique afin que les marges commerciales soient réinvesties dans l’amélioration de la qualité des repas,

  • Passer la STAS en régie publique afin de réorienter les bénéfices vers les usagers ; Transdev a fait 2 millions de bénéfices qui vont dans la poche des actionnaires au lieu d’aller aux usagers,

  • Réduire les indemnités de la maire : environ 333 000 € d’économies sur la durée d’un mandat,

  • Stopper l’achat d’espaces publicitaires lors des matchs de l’AS Saint-Étienne : 530 000 €/an,

  • Stopper les achats d’espaces publicitaires radio destinés à promouvoir le territoire : 226 000 € (retombées jugées non probantes par la Cour des comptes).

  • Mettre un terme à la location de la « Maison de la Métropole » à Paris (utilisée seulement 16 fois depuis son ouverture) : 60 000 € par an, hors travaux.

À titre de comparaison, environ 30 000 € suffisent pour éviter la fermeture d’une amicale laïque.